Son principal adversaire n’a obtenu que 3,02% des voix pour ce scrutin marquant le retour à un régime constitutionnel après la transition pilotée par les militaires.
Le «président-candidat» Brice Clotaire Oligui Nguema, général putschiste tombeur de la dynastie Bongo, a obtenu 90,35% des voix à l’élection présidentielle organisée 19 mois après son coup d’État d’août 2023, selon les résultats provisoires annoncés dimanche au ministère de l’Intérieur.
«Dieu n’abandonne pas son peuple», a déclaré le président élu pour sept ans devant ses partisans réunis au quartier général de sa plateforme de soutien, le Rassemblement des Bâtisseurs, peu après l’annonce des résultats. «Je tiens à saluer la maturité du peuple gabonais», a-t-il ajouté, appelant chacun à attendre la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle pour «célébrer la victoire».
De grandes affiches électorales à l’effigie de celui qui se présente comme «le candidat du peuple» étaient omniprésentes dans l’espace public pendant la brève campagne de 13 jours, largement dominée par le général putschiste. Ses opposants, à commencer par Alain-Claude Bilie By Nze, l’accusent, au vu de ses fonctions passées auprès des Bongo, d’incarner la continuité du système et de vouloir confisquer le pouvoir, qu’il avait promis de rendre aux civils.
«Contrairement aux précédents scrutins de 2016 et 2023 marqués par des tensions et des contestations, le climat qui a prévalu durant cette journée électorale s’est révélé remarquablement serein», a estimé le site d’actualité gabonais en ligne Gabon mail infos. Chose inédite, les médias privés et étrangers ont été autorisés à filmer le dépouillement. Des observateurs internationaux ont mené des constats toute la journée à travers le pays, sans noter d’incident majeur. Selon Lynda Nzah Bekale, la porte-parole du Réseau des observateurs citoyens (ROC) gabonais, qui rassemble des membres de la société civile, les élections «se sont vraiment bien passées».
«Il y a eu un bel engouement de la population à aller voter, mais particulièrement il y avait du calme», a-t-elle assuré dimanche à l’AFP, tout en notant «qu’il y a eu des bureaux où on n’a pas permis aux observateurs d’accéder», des incidents «minoritaires». Au total, plus de 900.000 électeurs dans ce pays d’Afrique centrale étaient appelés à voter samedi pour la première élection depuis le coup d’État qui a mis fin à 55 ans de dynastie Bongo. Selon la nouvelle constitution, le président gabonais élu prendra la tête du pays avec des pouvoirs élargis. Le poste de Premier ministre a été supprimé à la faveur de la création d’un poste de vice-président.
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