Lamarana Pety s’essaie, une fois encore, au grand numéro du donneur de leçons autoproclamé, brandissant comme argument massue cette menace dérisoire : « Si Dalein ne se fait pas recenser, il ne sera ni président de l’UFDG ni président de la République. »
Le propos est moins une analyse qu’une tentative grossière de semer la confusion dans l’opinion. Car tout le monde sait que la question du recensement n’est pas une formalité neutre, mais l’outil privilégié d’un pouvoir illégitime pour se donner des habits démocratiques.
Le CNRD a vidé l’État de toute légalité. Il a piétiné la Constitution, cassé toutes les institutions, réprimé l’opposition, tué et emprisonné des manifestants, exilé ses principaux adversaires. Et voilà qu’on voudrait faire croire que ce même CNRD organiserait, dans un grand élan de vertu, un recensement honnête et inclusif ?
Pety le sait parfaitement. Mais il choisit de tourner le regard ailleurs, préférant la posture commode du « sage » qui sermonne Cellou Dalein Diallo. Il voudrait faire oublier qu’aucune élection n’a jamais été crédible sur des listes biaisées, construites sur l’exclusion et la fraude.
Il est utile de rappeler que Cellou Dalein Diallo n’a jamais fui la compétition électorale. Il l’a affrontée trois fois face à un système verrouillé, assumant tous les risques, y compris ceux de la violence d’État. Son refus actuel de se prêter au simulacre du CNRD n’est pas une peur du verdict populaire, mais la défense d’un principe simple : pas de démocratie sans règles du jeu honnêtes.
Accuser Dalein de craindre le recensement, c’est vouloir inverser les rôles : faire passer l’opposant le plus constant, le plus populaire, pour un politicien en retrait, pendant qu’on blanchit la manœuvre du pouvoir. Il faudrait être bien naïf — ou d’une mauvaise foi consommée — pour s’y laisser prendre.
Le plus piquant dans la sortie de Pety, c’est qu’elle révèle une chose : l’angoisse des commanditaires du processus. Ils savent que sans la caution des grands partis et des leaders reconnus, leur opération perd toute crédibilité. Il faut donc attaquer, diviser, culpabiliser, menacer, en espérant forcer la main.
Mais cette tactique a fait son temps. Les Guinéens ont compris. Ils ont vu les assassinats politiques, les arrestations arbitraires, les exils forcés. Ils savent qu’on ne bâtit pas la démocratie sur les cendres de la répression et le mensonge organisé.
Que Lamarana Pety prenne donc ses responsabilités. Qu’il choisisse son camp. Mais qu’il nous épargne la leçon de morale creuse. Car s’il veut être le chantre du recensement sous bâillon, qu’il l’assume clairement au lieu de tenter de discréditer ceux qui refusent de cautionner la comédie.
Cellou Dalein Diallo, lui, n’a pas besoin du tampon d’un pseudo-arbitre pour être président de l’UFDG. Il en est le leader élu et incontesté. Et si la Guinée doit connaître un jour l’alternance, ce ne sera certainement pas grâce à ceux qui, comme Pety, préfèrent tresser des lauriers au faux-semblant plutôt que d’exiger la vérité des urnes.
Alpha Issagha Diallo
Militant vigilant, témoin du réel,
Cauchemar des réformateurs

