Un matin doux de février 2016,
Hamdallaye s’est arrêtée,
Le Président Cellou Dalein Diallo descendait les escaliers
Du QG de l’UFDG,
Sans cortège, sans annonce, sans rideau,
Vers une voiture posée là comme un vaisseau.
On lui avait dit : « Il ne peut pas monter »,
Alors, c’est lui qui est allé à sa rencontre,
Comme on descend saluer une légende,
Avec respect, avec bonté.
Il m’a fait appeler, puis m’a demandé :
— Tu connais mon hôte ? Seydoubadian Kouyaté ?
Le nom m’était familier, je l’avais entendu…
Mais je ne l’avais jamais vu, jamais aperçu.
Pourtant, sans réfléchir, j’ai murmuré :
— Sous l’orage ?
Le vieux sage a levé les yeux,
Son regard a brillé comme un ciel de feu :
— C’est mon premier livre ! dit-il,
Et dans sa voix vibrait un fil
D’orgueil doux et d’éternité.
À cet instant, figé dans la lumière du jour,
Deux géants tournaient vers moi un regard lourd
De tendresse et de reconnaissance,
Et moi, fils de lecteur, humble enfant de l’espérance,
Je me suis senti digne, un instant seulement,
D’avoir cité un titre, d’avoir réveillé un moment.
Je ne remercierai jamais assez mon père,
Pour ce don simple et rare : l’amour des livres,
Car ce jour-là, dans un habit de lumière,
Le savoir m’a offert un privilège indicible.
Alors, j’ai sorti mon téléphone.
J’ai capturé ce silence, cette communion.
Je suis l’auteur de cette photo —
Simple image, mais grand frisson.
Car deux années plus tard, le doyen s’est éteint,
Et ce cliché est devenu témoin.
Dès lors, chaque fois qu’il pleut,
Je me souviens : Sous l’orage, il y avait deux cieux.
Que ton âme repose, Seydoubadian Kouyaté,
Sous l’ombre fraîche des arbres de l’éternité.
Et que le Paradis, vaste et lumineux,
T’accueille en écrivain heureux.
Alpha Issagha Diallo
Écrivain, témoin du réel

