Introduction
À sa prise de fonction le 8 juillet 2022, Monsieur le Ministre Alphonse Charles Wright rédige une feuille de route pour le ministère de la justice et des droits de l’homme pour une période de 2022-2025. Feuille de route validé par son excellence Général Mamadi Doumbouya, car elle est à l’image de sa vision éclairée du pouvoir judiciaire.
Dans le contexte historique particulier de la Transition guinéenne enclenchée à partir de 2021, le besoin de refondation des institutions républicaines est apparu comme une priorité majeure pour rétablir la confiance entre l’État et les citoyens. C’est dans ce cadre que Monsieur Alphonse Charles Wright, alors Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, a initié une feuille de route stratégique 2023-2025, traduisant une volonté ferme de transformation profonde et durable du secteur judiciaire.
Cette feuille de route ne se limite pas à une simple compilation d’objectifs administratifs : elle constitue un cadre programmatique structurant les priorités d’action du ministère, aligné aux ambitions nationales de réforme, aux orientations du Programme de Référence Intérimaire (PRI) 2022-2025, à la feuille de route du Gouvernement de la Transition, ainsi qu’aux Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l’ODD 16, qui promeut la paix, la justice et des institutions efficaces.
Conçue selon une logique de planification axée sur les résultats, cette feuille de route est fondée sur une vision forte : bâtir une justice indépendante, équitable, professionnelle, accessible, intègre, et capable de rassurer la population et les investisseurs, tout en contribuant activement à la réconciliation nationale, à l’affirmation de la dignité humaine, et à la lutte contre la corruption et l’impunité.
Par ce plan d’action ambitieux, M. Wright a voulu redonner au ministère de la Justice et des Droits de l’Homme un rôle central dans la restauration de l’État de droit, dans l’humanisation du système carcéral, dans la protection effective des droits fondamentaux, et dans la promotion d’une justice de proximité adaptée aux besoins réels des citoyens.
Le présent document propose une analyse structurée et approfondie de cette feuille de route, en exposant successivement les quatre axes stratégiques qu’elle contient, les actions clés prévues pour chacun, les résultats attendus, ainsi que les innovations majeures introduites durant la période 2023-2025.
II. Objectifs de la Feuille de Route
La feuille de route 2023-2025 du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, sous l’impulsion de Monsieur Alphonse Charles Wright, s’inscrit dans une dynamique de réforme ambitieuse, orientée vers l’amélioration concrète du service public de la justice, la restauration de la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires, et la promotion effective des droits humains dans le contexte de la Transition.
Elle repose sur une articulation entre objectifs globaux, objectifs spécifiques et cadres de référence nationaux et internationaux.
1. Objectif global
L’objectif fondamental de cette feuille de route est de contribuer à bâtir une justice performante, crédible et équitable, tout en assurant la protection effective des droits de l’homme et en conduisant, de manière méthodique, le processus de réconciliation nationale.
À travers cet objectif, le Ministère de la Justice entend :
2. Objectifs spécifiques
Pour atteindre cet objectif central, plusieurs objectifs spécifiques ont été formulés :
✅ a. Contribuer à la réforme constitutionnelle et à l’amélioration de l’accès au droit et à la justice pour tous.
✅ b. Garantir l’indépendance et la redevabilité du pouvoir judiciaire.
✅ c. Renforcer l’efficacité et la performance des institutions judiciaires et pénitentiaires.
✅ e. Garantir la jouissance effective des droits de l’homme pour tous et promouvoir la réconciliation nationale.
3. Alignement stratégique
Les objectifs de cette feuille de route s’inscrivent dans un cadre global de cohérence politique, en lien avec :
III. AXE STRATÉGIQUE I : Rectification institutionnelle et accès au droit et à une justice de qualité pour tous.
1. Objectif de l’axe.
Cet axe vise à réformer en profondeur le cadre juridique et institutionnel du pays, afin de le rendre conforme aux standards internationaux, plus attractif pour les investissements, mais surtout plus accessible, plus juste et plus proche des citoyens. Il s’agit de renforcer l’État de droit à travers la révision des textes fondamentaux, la modernisation des instruments de justice, et la démocratisation de l’accès au droit sur l’ensemble du territoire national.
2. Défis identifiés
3. Actions stratégiques prévues.
a. Modernisation du cadre juridique et institutionnel.
b. Mise en œuvre effective des dispositifs juridiques.
c. Promotion de l’aide juridictionnelle.
d. Renforcement de la justice de proximité.
4. Résultats attendus.
5. Innovation et plus-value de l’axe.
Cet axe introduit une logique nouvelle : celle d’une justice de proximité, inclusive et réparatrice, orientée vers la prévention des conflits et la participation citoyenne. Il marque également un engagement clair du ministère à protéger les droits fondamentaux dans un contexte de transition et à rompre avec les pratiques judiciaires élitistes.
IV. AXE STRATÉGIQUE II : Indépendance et redevabilité du pouvoir judiciaire
1. Contexte et justification
Dans toute démocratie moderne, l’indépendance du pouvoir judiciaire est une garantie essentielle de l’État de droit. Elle permet de soustraire la justice à toute influence politique, sociale, économique ou communautaire, et de renforcer la confiance des citoyens dans l’impartialité des décisions rendues.
Sous la direction du Ministre Alphonse Charles Wright, le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a fait de cette indépendance un levier central de la réforme du système judiciaire guinéen. Ce second axe stratégique vise ainsi à consolider l’autonomie de fonctionnement des juridictions, à renforcer les mécanismes de redevabilité des magistrats et auxiliaires de justice, et à établir des systèmes disciplinaires cohérents et crédibles.
2. Objectifs spécifiques de l’axe
3. Problématiques à résoudre
4. Actions stratégiques prévues
a. Renforcement de l’autonomie de fonctionnement des cours et tribunaux.
b. Réforme de la gestion des carrières des magistrats
c. Encadrement disciplinaire des auxiliaires de justice.
d. Effectivité de la redevabilité dans la justice
Élaboration, adoption et vulgarisation :
5. Résultats attendus
6. Apports structurants de cet axe
Ce deuxième axe marque une rupture avec les pratiques passées en réhabilitant la valeur de la responsabilité dans l’exercice de la justice. Il introduit un paradigme nouveau : celui d’une justice responsable devant le peuple, ancrée dans la déontologie et ouverte à l’évaluation. Il prépare aussi le terrain pour une institutionnalisation durable de la transparence et de la bonne gouvernance judiciaire.
V. AXE STRATÉGIQUE III : Renforcement de l’efficacité et de la performance des institutions judiciaires et pénitentiaires
1. Contexte et justification
Un système judiciaire, aussi indépendant soit-il, ne peut pleinement remplir sa mission sans des institutions efficaces, modernes et performantes, capables de traiter les affaires dans des délais raisonnables, d’assurer la continuité du service public et de garantir des conditions de détention humaines et sécurisées.
En Guinée, le constat est sans appel : insuffisance d’infrastructures judiciaires, faiblesse des moyens logistiques, manque de professionnalisation du personnel, et absence de systèmes d’information et de suivi performants. C’est pour répondre à ces défis structurels que la feuille de route a consacré un axe entier à la modernisation et à la rationalisation du fonctionnement des institutions judiciaires et pénitentiaires, avec une ambition claire : bâtir une justice opérationnelle, fiable, et tournée vers les résultats.
2. Objectifs spécifiques de l’axe
3. Problématiques identifiées
4. Actions stratégiques prévues
a. Amélioration du cadre institutionnel du Ministère de la Justice et des droits de l’homme
b. Digitalisation et informatisation du système judiciaire
c. Définition de politiques publiques orientées résultats
d. Renforcement des infrastructures judiciaires et pénitentiaires
e. Renforcement des capacités humaines et matérielles
Formation technique de :
f. Renforcement de la lutte contre la corruption et l’impunité
5. Résultats attendus
6. Enjeux stratégiques et valeur ajoutée
Ce troisième axe est porteur d’un changement de paradigme : passer d’un système judiciaire archaïque et centralisé à un système moderne, intégré, décentralisé et axé sur les résultats. Il permet de professionnaliser l’ensemble de la chaîne judiciaire et pénitentiaire, tout en rendant le ministère plus résilient face aux défis de gouvernance et d’efficacité publique.
VI. AXE STRATÉGIQUE IV : Jouissance effective des droits de l’homme pour tous et réconciliation nationale
1. Contexte et justification
Dans une société marquée par des tensions historiques, des violations répétées des droits fondamentaux et une faible culture de reddition de comptes, la réconciliation nationale ne peut s’imaginer sans un effort sincère de reconnaissance, de réparation et de reconstruction du tissu social. Ce quatrième axe stratégique place l’être humain au centre de la réforme judiciaire, en réaffirmant que la justice doit être un vecteur de dignité, de cohésion et de paix.
L’approche adoptée par le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, sous l’impulsion du chef de l’Etat général Mamadi Doumbouya, se veut inclusive, humaniste et réparatrice, avec pour finalité d’asseoir les bases d’une Guinée réconciliée avec elle-même, où les droits de tous sont respectés et protégés, et où les prisons cessent d’être des lieux de relégation inhumaine.
2. Objectifs spécifiques de l’axe
3. Problèmes majeurs à résoudre
4. Actions stratégiques prévues
a. Protection des droits de l’homme dans les procédures judiciaires
b. Promotion et protection des droits humains au niveau national
c. Promotion de la citoyenneté, de la paix et de la réconciliation nationale
d. Humanisation des conditions de détention et réinsertion sociale
5. Résultats attendus
6. Portée transformationnelle de cet axe
Par cet axe, la réforme judiciaire dépasse le cadre institutionnel pour s’inscrire dans une réforme morale et sociale profonde. Elle replace l’humain, avec sa dignité et ses droits inaliénables, au cœur de l’action publique. C’est une démarche courageuse, réparatrice, tournée vers la guérison nationale. Elle jette les bases d’un avenir où la justice ne sera plus un instrument de domination ou de crainte, mais un outil de libération, de paix et de construction collective.
VII. Question à se poser aujourd’hui ?
Après avoir survolé la feuille de route ambitieuse et méthodiquement structurée tracée par Monsieur Alphonse Charles Wright pour le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, une question centrale interpelle aujourd’hui les citoyens, les praticiens du droit et les observateurs de la vie publique :
Quel constat peut-on faire actuellement, alors que l’appareil judiciaire est désormais sous la direction de son successeur, Monsieur Kairaba ?
Cette interrogation ouvre un espace critique de réflexion sur la continuité institutionnelle, la durabilité des réformes engagées, mais aussi sur la volonté politique actuelle de maintenir la justice comme instrument de transformation sociale, de cohésion nationale et de protection des droits humains.
Plusieurs points méritent d’être examinés :
Cette réflexion appelle à une évaluation rigoureuse, indépendante et citoyenne de l’action publique dans le secteur judiciaire depuis le changement de gouvernance. Il ne s’agit pas seulement de dresser un bilan, mais d’interroger la cohérence, la continuité et l’impact réel des politiques publiques entreprises dans un secteur aussi fondamental que la justice.
C’est aussi un appel à la vigilance démocratique : car toute rupture injustifiée dans l’élan réformateur initié risque d’annuler les efforts consentis, de fragiliser la paix sociale, et de retarder davantage l’émergence d’un État de droit véritablement respectueux des libertés individuelles et collectives.
Conclusion générale
La feuille de route 2023-2025 du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, élaborée sous l’autorité de Monsieur Alphonse Charles Wright, dans le cadre de la vision de refondation du Général Mamadi Doumbouya, incarne une tentative sérieuse, cohérente et structurée de réformer en profondeur le système judiciaire guinéen. Elle se distingue non seulement par la clarté de ses axes, mais aussi par la volonté manifeste de bâtir une justice au service de tous, enracinée dans l’éthique, l’efficacité, la proximité et le respect des droits humains.
Les quatre axes stratégiques présentés – de la rectification institutionnelle à la réconciliation nationale, en passant par l’indépendance judiciaire et la performance des institutions – offrent un cadre global de transformation qui, s’il est mis en œuvre avec rigueur, est capable de changer durablement le visage de la justice en Guinée.
Cependant, toute feuille de route, aussi ambitieuse soit-elle, ne vaut que par sa traduction effective dans les faits. Les enjeux de continuité politique, de volonté institutionnelle, de mobilisation des ressources et d’implication citoyenne demeurent déterminants. La période actuelle, marquée par le changement de leadership à la tête du ministère, représente donc une étape critique : elle peut consacrer soit la consolidation des acquis, soit l’abandon progressif d’un chantier historique.
Plus que jamais, la justice doit rester un pilier de la Transition, un levier de paix, et une force de légitimation de l’État auprès des citoyens. Il appartient aux acteurs politiques, institutionnels et sociaux de veiller à ce que les fondations posées ne soient pas ébranlées, mais renforcées. Car sans justice, il ne peut y avoir ni développement durable, ni paix sociale véritable.
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