S'Informer à la minute près
jeune solidaire
Bann23

GUINEE- Après plusieurs arrestations et de tortures, Mamadou Aliou Diallo s’exile pour sa sécurité

 

Membre très influent au sein de l’Union des forces démocratiques guinéennes (UFDG) depuis son adhésion en 2018, Mamadou Aliou Diallo est très mal vu par les autorités en place.

Depuis 2019 suite à l’intention du l’ex président Alpha Condé de briguer un troisième mandat, M. Diallo a été arrêté à plusieurs reprises par les militaire du fait d’appartenir à l’UFDG dirigé par Cellou Dalein Diallo. L’annonce du couplage législatif et référendum du 22 mars 2020 a suscité la colère des partis d’opposition et certaines organisations de la société civile réunis au sien du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Malgré que Mamadou Aliou Diallo n’occupe aucune fonction au sein de sa formation politique, il reste tout de même un acteur important notamment à la mobilisation des fonds et des jeunes de son quartier Kobaya en haute banlieue de Conakry. « j’étais un fervent défenseur du parti et un mobilisateur de fonds pour sa cause auprès d’autres membres de la section Kobaya où je vivais» a-t-il déclaré dans un entretien accordé à notre rédaction.

À la suite d’un boycott qu’avait opté l’opposition, l’UFDG elle décide de participer à l’élection présidentielle de 2020 contre le Président Alpha Condé. Quelques jours après le vote, Cellou Dalein se déclare officiellement vainqueur de l’élection sans attendre les résultats proclamés par Commission Électorale Nationale Indépendante ((CENI). Cette déclaration a provoqué la colère du gouvernement et de ses alliés qui ont donc commencé à traquer les partisans de M. Diallo. « Nos quartiers ont été encerclés par d’importantes forces de sécurité, puis la brutalité a commencé. C’était dévastateur de voir comment les agents de sécurité maltraitaient leur propre peuple. Des patrouilleurs ont été envoyés dans tous nos quartiers. Puis le 21 octobre 2020, j’ai été arrêté avec plusieurs autres amis par des officiers de gendarmerie dans notre quartier. J’ai été détenu dans des conditions difficiles dans l’escadron de Wanindara où j’ai été battu, insulté et menacé par des fusils mis sur ma tête. J’ai été libéré après une semaine de calvaire lorsque ma femme et mon oncle Sadio Diallo ont versé la somme de deux millions de francs guinéens aux officiers. Au vu du nombre de morts dans mon parti, j’ai décidé d’être prudent, je me suis même caché pour éviter les forces de sécurité» soulignant que pendant les mois qui ont suivi, «j’ai eu une peur, parce que les forces de sécurité ciblaient et tuaient les opposants pour la seule raison de soutenir l’UFDG et son président, M. Cellou Dalein Diallo».

Après le renversement du président Alpha Condé au pouvoir le 05 septembre 2021 par les Forces Spéciales dirigé Mamadi Doumbouya, un lierre espoir a commencé. Mais quelques mois plus tard, les atrocités ont repris suite au non respect de leur engagement de rendre le pouvoir dans un bref délai. « la nouvelle junte militaire, peu après avoir pris en charge le destin du pays, a commencé à montrer sa vraie couleur en restreignant toutes les activités politiques et en proposant une transition de quatre ans. Les partis politiques et les organisations de la société civile, en particulier le FNDC (Front national pour la défense de la Constitution) ont décidé de relancer les manifestations pour pousser la junte militaire à un retour rapide à un gouvernement constitutionnel. Le 28 juillet 2022, une manifestation géante a été appelée contre la junte militaire. Comme d’habitude, le rassemblement a été réprimandé dans le sang lorsque cinq manifestants ont été abattus par les forces de sécurité. Pendant des semaines, notre quartier a été surveillé par les forces de sécurité puis j’ai été arrêté le 30 juillet 2022, avec beaucoup de mes amis de l’UFDG pour avoir participé au dernier rassemblement.
J’ai été envoyé avec une douzaine d’autres personnes à l’escadron Hamdallaye où j’ai été détenu dans des conditions difficiles. Pendant ma détention, j’ai été torturé physiquement et mentalement. Après quatre jours de détention, j’ai été libéré le 3 août 2022, lorsque mon oncle Sadio a négocié avec un officier de l’escadron et payé un million de francs guinéens. L’officier a alors mis mon nom sur la liste des fugitifs et a dit à mon frère de garder le silence sur le paiement de trois millions de francs guinéens. Ma troisième arrestation a eu lieu le 5 septembre 2023, lorsque je me suis rendu à une manifestation initiée par les partis « FORCES VIVES » de Guinée contre la junte militaire au pouvoir qui célébrait sa deuxième année au pouvoir. Après mon arrestation, j’ai été envoyé au poste de police d’Enco 5. La, comme d’habitude, j’ai été battu quotidiennement et mis dans des conditions de vie très difficiles. J’ai été libéré après que mon oncle et ma sœur Mariama aient réussi à payer deux millions de francs guinéens. Puis j’ai décidé de quitter le pays avant d’être tué par les forces spéciales qui patrouillaient continuellement dans nos quartiers et arrêtaient tous les opposants qu’ils voyaient. Je suis allé me cacher dans la maison de ma sœur, parce que les agents patrouillaient dans la ville et arrêtaient tous les opposants qu’ils recherchaient. C’est suite à ça j’ai du quitté mon pays» a-t-il déclaré.

Salifou Bangoura, Pour Mondemedia.info