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Enquête : SBG, une crise silencieuse qui touche plus d’une centaine de travailleurs et plusieurs prestataires guinéens

 

Depuis plusieurs mois, un vaste groupe de travailleurs et de prestataires affirme vivre l’une des plus graves crises sociales provoquées par les pratiques de la SBG.
Selon leurs représentants, ils seraient aujourd’hui plus d’une centaine d’employés et prestataires à réclamer justice, salaires impayés, indemnités dues, et reconnaissance de leurs droits les plus élémentaires.
Leur collaboration avec la SBG remonte à 2020, année du démarrage de l’exploitation minière à Kindia. Tous décrivent une même réalité : une entreprise qui, après avoir embauché massivement, aurait progressivement cessé d’honorer ses engagements essentiels à partir de fin 2022.

Les témoignages recueillis font état d’arriérés colossaux, estimés à plus de dix milliards de francs guinéens, incluant des salaires non versés, des contrats rompus sans justification et des licenciements qualifiés d’abusifs. Plusieurs travailleurs affirment détenir des preuves écrites : contrats, échanges officiels, notifications internes. Mais malgré ces éléments, une majorité d’entre eux hésite encore à parler publiquement, de peur de représailles ou simplement par découragement face à un système judiciaire qu’ils jugent lent et peu attentif à leur détresse.

L’un des points les plus sensibles de cette crise concerne l’absence totale d’interlocuteurs au sein de la direction de la SBG. Selon des informations concordantes, le PDG et le Directeur Général seraient aujourd’hui introuvables. Même le siège de l’entreprise à Conakry aurait fermé ses portes, laissant travailleurs et prestataires sans la moindre réponse. Cette absence de responsables aggrave un climat déjà tendu, où les victimes disent se sentir abandonnées et méprisées.

Dans cette affaire, le cas de la société ASCEND SARLU illustre parfaitement l’ampleur du problème. Engagée dans un litige avec la SBG portant sur plusieurs milliards de francs guinéens et une machine sujette à saisie conservatoire, ASCEND se dit victime d’injustices répétées. Son dossier, déjà présenté devant la justice, aurait donné lieu à une décision qualifiée d’incompréhensible par la partie plaignante, qui affirme que certaines preuves utilisées dans la procédure seraient falsifiées. ASCEND considère ce traitement comme emblématique d’un système où les entreprises locales, pourtant contributrices de l’économie nationale, se retrouvent écrasées par des acteurs plus puissants, parfois soutenus par des mécanismes opaques. Pour beaucoup de prestataires, ce litige représente exactement ce qu’ils vivent : la même frustration, les mêmes pertes financières et la même incapacité à obtenir justice.

Les victimes affirment pourtant avoir saisi les tribunaux et les administrations. Mais elles dénoncent des décisions rendues en faveur de la SBG sans tenir compte de l’ensemble des preuves disponibles. Cette lenteur judiciaire, combinée à ce qu’elles qualifient de parti-pris, contribue à leur désespoir.
Plusieurs familles seraient aujourd’hui en grande détresse : crédits impayés, charges familiales non couvertes, entreprises locales au bord de la faillite. Certains travailleurs vivent sans salaire depuis plus d’un an.

Face à cette situation, le groupe demande solennellement que les autorités judiciaires accélèrent le traitement de leurs dossiers, rétablissent les faits et garantissent leurs droits. Ils appellent également l’État guinéen à s’impliquer directement, estimant que la crise dépasse désormais la simple relation entre employeur et employés. Selon eux, c’est un problème national, car des dizaines de familles et de petites entreprises guinéennes sont en train de s’effondrer à cause, disent-ils, des pratiques irresponsables de la SBG.

Les victimes affirment vouloir une seule chose : que la vérité soit établie et que chacun obtienne ce qui lui est dû. Elles demandent que justice soit rendue équitablement, sur la base de faits réels, de documents vérifiables et du respect du droit guinéen. Leur message est clair : il est urgent que cette affaire soit traitée avec sérieux et transparence, car trop de vies et de projets sont aujourd’hui suspendus à ces décisions. Elles appellent toutes les institutions compétentes à agir rapidement pour que cesse ce qu’elles qualifient d’injustice prolongée et insupportable.

 

Lamine Banty pour Sangaredi Celèbrité

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