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« Quand la flagornerie se prend pour du patriotisme, la République tousse.
Quand le griot change dâinstrument pour se faire chroniqueur, lâintelligence recule. »
Koto Nassirou,
Votre prĂ©tendue « rĂ©ponse » Ă Ibrahima Diallo nâest rien dâautre quâune lettre dâallĂ©geance masquĂ©e. Vous lâenrobez dans une pseudo-dĂ©monstration rĂ©publicaine pour mieux vendre une idĂ©e aussi vieille que toxique : celle du pouvoir personnel dâun homme sans vision, portĂ© par les armes et affublĂ© dâun uniforme.
Vous parlez de volontĂ© populaire. En rĂ©alitĂ©, vous prĂȘtez Ă un peuple bĂąillonnĂ© des intentions quâil nâa jamais formulĂ©es librement. Vous parlez pour le peuple, mais le peuple ne parle plus. Vous lâavez mis en cage.
Voici 7 vérités froides, face à vos 7 illusions enflammées :
1. Le 5 septembre nâa pas Ă©tĂ© une rupture, mais une capture.
Un coup dâĂtat nâest jamais un acte de souverainetĂ© populaire. Câest une confiscation du destin collectif par un groupe armĂ©. Le « reset institutionnel » dont vous parlez est un slogan. Le seul vrai bilan, câest lâillĂ©galitĂ© Ă©rigĂ©e en mĂ©thode, le silence imposĂ© Ă tous, et lâanesthĂ©sie prolongĂ©e dâune nation fatiguĂ©e.
2. La parole donnĂ©e nâest pas un jouet.
Quand un chef dâĂtat jure solennellement de ne pas ĂȘtre candidat, il engage plus que lui-mĂȘme. Il engage la dignitĂ© de lâĂtat. Le peuple ne pousse pas Ă violer la parole donnĂ©e â vous lây poussez, vous, griots de la nouvelle cour. Lâhonneur dâun homme dâĂtat, ce nâest pas dâĂ©couter les flatteurs. Câest de se tenir Ă ses engagements.
3. Une Constitution fabriquĂ©e sur mesure nâest pas une lĂ©gitimitĂ©.
Changer les rĂšgles en pleine partie pour faire jouer un seul joueur nâest pas une rĂ©forme, câest un tour de passe-passe. Le rĂ©fĂ©rendum que vous espĂ©rez sera organisĂ© par ceux qui verrouillent tout dĂ©bat. Ce nâest pas une nouvelle base juridique, câest une continuitĂ© de la tromperie.
4. Le peuple ne choisit pas quand tout est interdit.
Vous osez parler de dĂ©mocratie alors que les partis politiques sont suspendus, les meetings interdits, les journalistes menacĂ©s, les jeunes tuĂ©s. Vous confondez soumission et approbation. Le silence que vous entendez nâest pas un oui, câest un bĂąillon.
5. La fidĂ©litĂ© au peuple, câest refuser la personnalisation du pouvoir.
Vous avez remplacĂ© lâĂtat par un homme. Un homme par ailleurs sans programme, sans parole tenue, et sans culture politique autre que la verticalitĂ© du commandement militaire. Ce nâest pas de la fidĂ©litĂ©, câest du fĂ©tichisme de lâhomme fort.
6. Mamady Doumbouya nâa jamais Ă©tĂ© constant â il a Ă©tĂ© habile.
Il a surfĂ© sur le rejet dâAlpha CondĂ© pour sâimposer, puis a verrouillĂ© tout lâespace politique. Vous dites quâil nâa pas trahi. Il a trahi la transition, les engagements, la Charte, la libertĂ© et les martyrs de la lutte.
7. Le peuple ne veut pas dâun autre sauveur autoproclamĂ©.
Le « lĂ©gionnaire analphabĂšte » que vous sacralisez nâa ni lâenvergure historique, ni lâassise populaire, ni la lĂ©gitimitĂ© Ă©lectorale pour incarner lâavenir. Le seul avenir possible, câest la refondation par le droit, non par la force.
Koto Nassirou,
Vous nâĂȘtes pas un penseur politique. Vous ĂȘtes le jumeau rhĂ©torique de tous les griots de service qui confondent loyautĂ© et flatterie, et qui, pour un poste ou une reconnaissance, livrent leur plume au plus offrant.
Le dĂ©bat dont vous parlez nâaura de sens que lorsque le peuple aura rĂ©cupĂ©rĂ© sa voix, quand les leaders politiques auront recouvrĂ© leur droit dâexister, quand les GuinĂ©ens pourront choisir entre plusieurs vĂ©ritables projets â et non entre le sabre et le silence.
Vive la Guinée civile, libre et lucide.
Non aux putschs éternisés.
Non à la République prise en otage.
Alpha Issagha Diallo
Ăcrivain, tĂ©moin du rĂ©el et inlassable veilleur contre lâamnĂ©sie politique.