Ce dimanche 11 août 2025, Al Jazeera a annoncé la mort de cinq de ses journalistes, dont le célèbre correspondant Anas Al Sharif, dans une frappe israélienne ciblée sur leur tente installée devant l’hôpital Al-Shifa, à Gaza-ville. L’armée israélienne affirme avoir visé Anas Al Sharif, le qualifiant de « terroriste » affilié au Hamas.
Les faits
Selon la chaîne qatarie, Anas Al Sharif, 28 ans, a été tué aux côtés de Mohammed Qreiqeh, correspondant, et des cameramen Ibrahim Zaher et Mohammed Noufal. L’attaque aurait frappé directement la tente des journalistes, causant la mort de cinq professionnels des médias.
Dans un communiqué, Al Jazeera dénonce « l’assassinat délibéré de nos correspondants par les forces d’occupation israéliennes », qualifiant cet acte de grave atteinte à la liberté de la presse à Gaza.
Position de l’armée israélienne
Sur Telegram, l’armée israélienne a déclaré qu’Anas Al Sharif « se faisait passer pour un journaliste » et dirigeait une cellule armée du Hamas responsable de tirs de roquettes contre des civils et des troupes israéliennes. Israël, qui a interdit la diffusion d’Al Jazeera sur son territoire depuis mai 2024, accuse régulièrement ses journalistes à Gaza d’être liés au mouvement islamiste.
Un visage emblématique du journalisme de guerre à Gaza
Figure connue du reportage en zone de conflit, Anas Al Sharifétait suivi par de nombreux téléspectateurs pour sa couverture quotidienne de la guerre Israël-Hamas. Sa mort marque un nouveau coup dur pour la presse locale et internationale opérant dans la bande de Gaza.
Près de 200 journalistes tués depuis le début de la guerre
Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, déclenchant la guerre, près de 200 journalistes ont été tués à Gaza par l’armée israélienne, selon Reporters sans frontières (RSF). Parmi eux, au moins 45 ont trouvé la mort en plein exercice de leur métier.
L’accès à Gaza pour la presse internationale reste strictement limité, avec des journalistes autorisés uniquement dans le cadre d’« embeds » contrôlés par l’armée israélienne et soumis à une forte censure militaire.
Avec l’AFP