Alerte à la FINA : Le Bureau Exécutif au cœur d’une polémique sur la gestion d’un don de 100 000 poussins

 

Alors que le ministère de l’Élevage a récemment octroyé un don massif de 100 000 poussins pour relancer la filière avicole guinéenne, la gestion interne de cette manne par la Fédération Interprofessionnelle Nationale Avicole (FINA) suscite une vive indignation. Entre soupçons d’abus de pouvoir et violations statutaires, le Bureau Exécutif est pointé du doigt pour une répartition jugée opaque et inéquitable.

L’initiative était pourtant porteuse d’espoir. Dans un secteur avicole national en quête de compétitivité face à la concurrence sous-régionale, la remise de 100 000 poussins de chair par les autorités devait constituer un ballon d’oxygène pour les producteurs locaux. Mais sur le terrain, l’enthousiasme a rapidement laissé place à la colère.

Un « deal entre collaborateurs » ?

Le cœur de la discorde réside dans les chiffres issus de la dernière réunion de répartition convoquée par le Président de la FINA. Selon nos informations, près de 31 % du don total soit environ 31 000 poussins auraient été détournés de leur destination initiale (les Fédérations Interprofessionnelles Régionales, ou FIRA) au profit de structures centrales.

Le plus frappant : le Bureau Exécutif de la FINA se serait octroyé, pour son propre compte, un lot de 10 000 poussins. Parallèlement, 10 000 autres auraient été cédés à la CONASSEG, une organisation décrite par de nombreux acteurs comme « inopérante » depuis près de deux ans. Pour les observateurs critiques, ce dispatching ressemble davantage à un « deal entre collaborateurs » qu’à une stratégie de développement .

Une violation flagrante des statuts

Au-delà de l’aspect moral, c’est la légalité même de cette décision qui est remise en cause. En s’appuyant sur les textes fondateurs de la Fédération, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une dérive autoritaire :

Défaut de compétence : Selon l’Article 15 des statuts, seule l’Assemblée Générale dispose de la souveraineté pour décider des affaires engageant la Fédération. Le Bureau Exécutif, simple organe d’exécution, n’aurait aucune base légale pour s’attribuer des biens sociaux.

Détournement de l’objet social : L’Article 33 stipule que les dons et subventions doivent financer des activités d’intérêt général pour la filière, et non être répartis entre les dirigeants.

Risques pénaux : L’Article 36 est on ne peut plus clair : tout administrateur reconnu coupable de détournement de biens appartenant à la FINA s’expose aux sanctions prévues par la loi pénale guinéenne.

La cohésion de la filière menacée

Cette situation crée un précédent dangereux pour une organisation dont la mission première est de rassembler et de défendre les intérêts collectifs. En privant les FIRA régionales, qui sont les véritables moteurs de la production sur le terrain, la direction de la FINA semble avoir rompu le contrat de confiance et de solidarité qui lie ses membres.

Aujourd’hui, l’appel à la rectification est lancé. Les membres du Conseil d’Administration exigent désormais :

La restitution immédiate des lots indûment prélevés par le Bureau Exécutif et la CONASSEG.

Une réaffectation transparente basée sur des critères objectifs vers les régions.

La convocation d’une réunion extraordinaire du Conseil d’Administration pour situer les responsabilités.

La FINA se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Ce don ministériel, qui devait être un levier de croissance, est devenu le révélateur d’une crise de gouvernance profonde. Si le Bureau Exécutif persiste, il pourrait transformer un succès de politique agricole en un scandale judiciaire dévastateur pour l’image de la filière.

Bella BAH
Activiste très indépendant