Tribune, pour une transition éthique renforcée : bâtir un système strict, juste et impartial en Guinée (Par Thierno Ousmane Ly)

La corruption : un mal systémique

La corruption en Guinée ne peut plus être analysée comme un phénomène isolé ou circonstanciel. Elle est devenue, au fil des décennies, un système complexe, multiforme, enraciné dans les pratiques administratives, économiques et parfois sociales.

Elle affaiblit la confiance publique, dégrade les relations économiques, nourrit les frustrations silencieuses et freine le développement national.

Il serait illusoire de penser que seuls quelques individus en sont responsables. La réalité est plus profonde : le phénomène est systémique et appelle une réponse systémique.

La fermeté est nécessaire. L’équité est indispensable.

La lutte contre la corruption exige rigueur et détermination. L’égalité devant la loi est un principe fondamental de toute République.

Cependant, lorsque l’application de la justice est perçue comme partielle, sélective ou inégale, elle peut produire des effets contraires à l’objectif recherché :

sentiment d’injustice,
tensions sociales latentes,
perte de confiance institutionnelle,
paralysie des initiatives économiques.

La fermeté ne suffit pas. Elle doit s’accompagner d’une perception claire d’impartialité.

Pourquoi une transition éthique renforcée ?

Face à la profondeur du phénomène, une approche exclusivement répressive risque de ne pas produire les effets durables attendus.

Il devient nécessaire d’envisager une transition éthique nationale, encadrée et exceptionnelle, reposant sur trois piliers :

1. Responsabilisation collective

Reconnaitre que la corruption n’est pas le problème des “autres”, mais un défi national.

2. Mécanisme exceptionnel de régularisation

Pour une période limitée et clairement définie, permettre :

la reconnaissance volontaire des fautes,
la restitution ou contribution encadrée,
un engagement public d’intégrité.

Ce mécanisme ne serait ni une amnistie déguisée ni un encouragement à l’impunité, mais une étape de rupture organisée avec le passé.

3. Instauration d’un système strict et non négociable

À l’issue de cette transition :

digitalisation complète des procédures financières,
transparence accrue,
contrôles indépendants,
sanctions automatiques et égales pour tous.

La tolérance zéro ne peut être crédible que si elle est universelle.

Préserver la paix sociale et la capacité productive

Une lutte efficace contre la corruption doit renforcer la Nation, non la fragiliser.

Exclure massivement sans mécanisme de transition peut réduire la capacité productive et aggraver les tensions sociales.

L’objectif n’est pas la vengeance.
L’objectif est la reconstruction morale et institutionnelle.

Ouvrir un débat national apaisé

La Guinée traverse une période décisive de son histoire institutionnelle.

Une transition éthique renforcée pourrait :

restaurer la confiance,
apaiser les frustrations,
mobiliser les compétences,
poser les bases d’un développement durable fondé sur l’intégrité.

Il ne s’agit pas d’effacer le passé.
Il s’agit d’en tirer les leçons pour construire un avenir plus juste.

POUR SOI, SA FAMILLE ET POUR TOUTE LA NATION, TOUS POUR LA MORALISATION EFFICACE

Par Thierno Ousmane Ly Tel : 628299716. Email : ousmanediounouly@gmail.com
Contribution citoyenne au débat national

Conakry, le 16 février 2026