Musique urbaine : Opinel 12 et les membres de Sagatala condamnés à 3 ans de prison avec sursis

 

Relayé par nos confrères du site guineematin.com, le tribunal correctionnel de Mafanco a rendu son verdict ce mardi 24 février 2026 dans l’affaire impliquant le rappeur Opinel 12 et les membres du groupe Sagatala. Les jeunes artistes ont été reconnus coupables d’injures publiques et d’incitation de mineurs à la débauche.

Mohamed Salif Bangoura, connu sous le nom d’Opinel 12 (20 ans), Abdoul Aziz Diallo (23 ans) et Nahmir Sow (22 ans) ont écopé de trois ans d’emprisonnement assortis de sursis, ainsi que d’une amende d’un million de francs guinéens chacun.

Le tribunal leur a également ordonné de présenter des excuses publiques sur leurs différents canaux de communication et de se raser les dreadlocks.

Une affaire née d’un clash musical :

Les poursuites font suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’un clash musical devenu viral. Les extraits, jugés injurieux et contraires aux bonnes mœurs, auraient été susceptibles d’inciter des mineurs à la débauche.

Interpellés le 17 février par l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), les artistes avaient été placés sous mandat de dépôt avant d’être détenus à la maison centrale à partir du 18 février.

Des regrets exprimés à la barre :

À l’audience, les trois prévenus ont reconnu les faits. Opinel 12 a expliqué que le clash avait débuté par de simples piques musicales avant de dégénérer sous l’effet de la viralité sur Facebook et de la pression des fans. Il a exprimé des regrets et sollicité le pardon du public.

De son côté, Abdoul Aziz Diallo a admis avoir dépassé les limites en répondant aux attaques par des propos injurieux, invoquant l’influence des réseaux sociaux et l’escalade provoquée par l’ampleur des publications.

Nahmir Sow, étudiant en génie informatique, a quant à lui évoqué la pression liée à la visibilité en ligne et l’euphorie du moment. Il a confié sa honte face à la déception de leurs proches et promis des excuses publiques. Il a également expliqué avoir interrompu ses études universitaires après le décès de son père.

Une décision plus lourde que les réquisitions
Dans ses réquisitions, le ministère public avait sollicité une peine d’un an de prison avec sursis. Toutefois, le tribunal, présidé par la juge M’balou Traoré, a prononcé une peine plus lourde : trois ans avec sursis, assortis d’une amende et de mesures complémentaires.

Cette décision relance le débat sur les limites de la liberté artistique dans le rap et la responsabilité des artistes face à leur influence sur la jeunesse, à l’ère des réseaux sociaux.

 

Salifou Bangoura, Pour Mondemedia.info