Scandale des « primes exceptionnelles » au CNT: “Il faut un audit complet”, exige Dr Faya Millimouno

 

L’affaire déffraie la chronique dans la cité ces dernières 24heures. En Guinée, les 81 Conseillers nationaux en fin de mission au Conseil National de la Transition (CNT) ont perçu chacun une prime exceptionnelle de cinq cents millions de francs guinéens (500 000 000 GNF).

Dr Faya Millimouno, prochain député de la 10ème législature dénonce une opacité institutionnelle et réclame l’ouverture immédiate d’enquêtes approfondies.

« Si un audit n’est pas fait maintenant, la première chose qu’il faille exiger, c’est une commission d’enquête parlementaire qui va aller en profondeur et sauver l’intérêt du contribuable guinéen. On ne peut pas, au moment où les Guinéens sont en train de tirer le diable par la queue, procéder à la distribution d’argent comme ça, comme des cacahuètes. »

Quelque chose de conçu sur le dos du peuple »

Pour le leader politique, la légitimité même de cette transaction financière pose des questions : « La première question qu’il faille se poser, c’est est-ce que dans le contrat qui liait les conseillers à la République, il était prévu une prime de sortie? Parce qu’il faut comprendre que c’est une administration exceptionnelle qui était en place. Dans une telle situation, pour ne pas léser le contribuable, il faut que tout acte qui doit être posé ait été prévu. 500 millions en soi, c’est un montant important, mais si cela avait existé en amont dans le contrat qui liait les conseillers qui venaient au CNT à la République, ça se comprendrait. Mais tel que nous comprenons les choses, ça a été quelque chose de conçu sur le dos du peuple. Parce qu’on apprend que ce ne sont même pas les conseillers seulement qui bénéficieraient de ces montants de 500 millions. Il y a d’autres fonctionnaires du CNT qui étaient sous un contrat complètement différent. »

Le CNT, une « boîte à argent » ?

Au-delà de ces primes de fin de mission, Dr Faya Millimouno pointe du doigt la gestion globale de l’organe législatif de la Transition durant ses quatre années et demie d’existence. Il appelle à ce que les comptes soient rendus avant l’installation de la future législature :

« La seule chose qu’on peut recommander en pareille circonstance, c’est un audit complet sur la façon dont le CNT, en quatre années et demie, a été géré. Parce que ça a été une boîte à argent. On se rappelle des campagnes de vulgarisation, de ceci ou de cela. C’est des milliards qui se volatilisaient. Il est extrêmement important à ce stade, avant même que la nouvelle assemblée soit installée, qu’un audit indépendant passe en revue tout ce dont le CNT a coûté au peuple de Guinée pour que ça soit regardé au regard de la loi. »

Un appel à la CRIEF et à une enquête parlementaire

Le président du Bloc Libéral s’inquiète également des conditions dans lesquelles ces documents administratifs ont été validés au sommet de l’institution parlementaire. Selon lui, la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) doit se saisir du dossier .

« Il y a beaucoup de choses qu’on ignore. Si il n’y avait pas de fuite, il est clair que quelque chose de plus gros est en train de se tramer. Quand on me dit même que la dame qui a assuré l’intérim a été amenée à apposer la signature sans savoir tout ce qui était en dessous, c’est extrêmement grave. C’est pourquoi, aujourd’hui, ça devait être un des dossiers importants, auquel la fameuse Crief devait s’intéresser parce que c’est devenu trop, trop banal que quelqu’un, deux mois ou trois mois, dans un service public devienne multimilliardaire sur la base de rien, absolument rien. Donc, il faut qu’il y ait un audit qui permette d’établir véritablement ce que le CNT a coûté au peuple de Guinée pendant les quatre années et demie. Pour que, de par la loi, tout cela soit verrouillé pour qu’on arrête complètement cette situation qui est devenue inacceptable », a-t-il formulé.

Face à la précarité économique de la population, le prochain parlementaire prévient que la future Assemblée nationale devra prendre ses responsabilités si l’exécutif n’agit pas rapidement : « Si un audit n’est pas fait maintenant, la première chose qu’il faille exiger, c’est une commission d’enquête parlementaire qui va aller en profondeur et sauver l’intérêt du contribuable guinéen. On ne peut pas, au moment où les Guinéens sont en train de tirer le diable par la queue, procéder à la distribution d’argent comme ça, comme des cacahuètes. »

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