GUINEE- La FIDH adresse plusieurs recommandations au gouvernement

En mission de plaidoyer à Conakry du 20 au 29 septembre 2026, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme et du citoyen (OGDH), MDT et l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA) ont présenté une série de recommandations aux autorités guinéennes.
Dans une note d’alerte destinée notamment au Premier ministre, les organisations de défense des droits humains saluent plusieurs avancées enregistrées ces dernières années, tout en appelant les autorités à renforcer l’accès à la justice, la protection des libertés fondamentales et la consolidation de l’État de droit.
Parmi les points positifs relevés figurent la tenue du procès relatif aux événements du 28 septembre 2009, la mobilisation annoncée de 119 milliards de francs guinéens pour l’indemnisation des victimes, ainsi que plusieurs réformes législatives concernant notamment les personnes vivant avec un handicap, le Code de l’enfant et le statut des magistrats.
Les organisations saluent également les avancées qu’elles associent au processus de retour à l’ordre constitutionnel, notamment le référendum, l’élection présidentielle et l’organisation des élections législatives et municipales. Elles mentionnent aussi la participation de la Guinée à l’Examen périodique universel (EPU), au cours duquel 256 recommandations sur 257 auraient été acceptées.
Le procès en appel du 28 septembre au cœur des préoccupations
Malgré ces avancées, la mission exprime plusieurs préoccupations, notamment concernant le dossier judiciaire lié aux événements du 28 septembre 2009.
La FIDH et ses partenaires soulignent l’absence, à ce stade, de programmation du procès en appel, une situation qui, selon eux, suscite des inquiétudes chez les victimes et leurs familles.
Les organisations demandent également davantage de visibilité sur les modalités, le calendrier et les critères devant encadrer le processus d’indemnisation. Elles indiquent accompagner et représenter près de 750 victimes et plaident pour une communication institutionnelle régulière et accessible sur le processus de réparation.
Des inquiétudes sur l’espace civique
La mission fait également état de préoccupations concernant l’exercice des libertés publiques. Elle cite notamment la dissolution de plusieurs partis politiques, la fermeture ou la suspension de médias, les restrictions concernant les réunions et manifestations pacifiques ainsi que les difficultés rencontrées par certaines organisations de la société civile pour obtenir leur agrément.
Les quatre organisations appellent les autorités à favoriser le dialogue et la concertation afin de préserver un espace civique qu’elles souhaitent ouvert et pluraliste.
Les défenseurs des droits humains également concernés
La situation des défenseurs des droits humains figure parmi les autres sujets soulevés dans la note.
La mission mentionne notamment des préoccupations relatives à des cas de disparitions forcées concernant des activistes et des membres de leurs familles. Elle estime également nécessaire de mettre en place un cadre législatif spécifique pour la protection des défenseurs des droits humains et de renforcer les mécanismes nationaux de promotion et de protection des droits humains.
Les violences basées sur le genre ainsi que les droits des communautés locales affectées par les activités des entreprises, notamment dans le secteur extractif, sont également évoqués.
Une série de recommandations aux autorités
Face à ces préoccupations, la FIDH, l’OGDH, MDT et l’AVIPA recommandent notamment la programmation du procès en appel du dossier du 28 septembre 2009 et la prise en compte de l’ensemble des victimes dans le processus de réparation.
Elles demandent également la publication d’informations claires sur les critères, les modalités et le calendrier de l’indemnisation, ainsi que la mise en place de mécanismes de recours accessibles aux victimes.
Sur le plan politique et institutionnel, les organisations recommandent un réexamen de la situation des partis politiques dissous et appellent à un dialogue politique inclusif.
Elles demandent par ailleurs des garanties concernant la liberté d’association, la liberté d’expression, la liberté de la presse ainsi que le droit de réunion et de manifestation pacifiques.
La mission appelle enfin à renforcer les enquêtes sur les cas de disparitions forcées, à adopter un cadre juridique consacré à la protection des défenseurs des droits humains, à lutter contre les violences basées sur le genre et à mieux protéger les communautés locales affectées par les activités extractives.
Dans leur conclusion, les quatre organisations réaffirment leur disponibilité à poursuivre le dialogue avec les autorités guinéennes et les autres parties prenantes. Elles estiment que la mise en œuvre de leurs recommandations contribuerait notamment à renforcer la confiance dans les institutions, la protection des droits humains et l’État de droit en Guinée.

 

TBD/ Louis De Funès Diallo, Pour Mondemedia.info