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CRIEF- L’interrogatoire de l’ancien Premier ministre Kassory Fofana a pris fin ce lundi 8 juin à la clinique pasteur

L’interrogatoire de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana a pris fin ce lundi 8 juin 2026 à la Clinique Pasteur, située au cœur de Kaloum, où il est actuellement alité.

Au-delà des discussions sur les charges qui pèsent contre ce prévenu, notamment le détournement de deniers publics, l’enrichissement illicite et le blanchiment de capitaux,

La question de son évacuation à l’étranger pour poursuivre ses soins médicaux a également été abordée.

Une demande formulée par ses avocats qui n’aurait rencontré aucune objection, aussi bien du côté du procureur Charles Wright que de celui de l’avocat de l’Agent judiciaire de l’État, explique Me Amadou Baba Camara.

« M. Kassory est toujours alité et il souhaiterait réellement qu’il lui soit permis de sortir du territoire pour aller se faire soigner à l’extérieur. Le parquet ne s’est pas opposé, de même que la partie civile, parce qu’il s’agit d’une question de santé. L’État guinéen accorde du respect aux principes sacro-saints, notamment celui de la santé de tout individu.

Donc, nous n’avons trouvé aucune objection à ce qu’il puisse aller se faire soigner à l’extérieur. L’État ne s’est jamais opposé à ce que quelqu’un aille se faire soigner.

Vous savez, nous, en tant que partie civile, ce que nous réclamons, ce sont les intérêts civils. Mais, pour une raison ou une autre, le parquet peut s’opposer s’il n’a pas de garanties concernant une personne. Mais si le parquet dispose de garanties, il ne peut pas s’opposer à ce qu’elle puisse aller se faire soigner ou prendre des mesures coercitives.

Nous, nous avons des garanties, parce qu’il y a des comptes qui sont saisis et bien garnis. Maintenant, concernant les garanties du parquet, c’est le parquet qui les connaît. Je ne peux pas parler en son nom », a déclaré l’avocat.

Pour la défense de Kassory, ce qui semblait impossible à obtenir devant la chambre de jugement a finalement été rendu possible en appel : permettre à leur client de se défendre face aux accusations portant sur un présumé détournement de 15 milliards de francs guinéens à l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES), ainsi qu’une probable évacuation sanitaire du Dr Kassory Fofana à l’étranger.

« Nous sommes satisfaits. Pourquoi ? Parce qu’au premier degré, malgré son état de santé gravement dégradé, nous avons tout fait pour que le tribunal accepte de venir vers lui, conformément à la loi. Chose qui a été obtenue et exécutée.

Le Premier ministre Ibrahima Kassory a eu la possibilité de se défendre contradictoirement. C’est cela qui est important.

Le reste, concernant son état de santé, cela relève du confidentiel. Le rendez-vous est fixé dans la salle d’audience jeudi, pour les réquisitions et plaidoiries.

La décision concernant l’évacuation sera sur la table des discussions. Mais il est déjà libre. Là où il insiste, ce n’est pas à cause de son état de santé. Il peut parfaitement rentrer chez lui. Il n’y a pas de problème à ce niveau.

Concernant ses soins également, lorsqu’on est malade, on doit être soigné, surtout dans un État de droit. C’est notre préoccupation.

Pour le moment, Kassory a eu la possibilité de se défendre et de répondre contradictoirement aux charges qui, selon nous, ne sont même pas établies.

Parce que sur les 15 milliards concernés, jusqu’à présent, 13 milliards sont déjà retournés au Trésor public. Et il n’est ni administrateur ni coordinateur du fonds ANIES, encore moins du fonds MAMRI. Donc, nous ne sommes pas inquiets dans ce dossier », a soutenu Me Sidiki Bérété.

Pour l’heure, rien n’est encore acquis. L’ancien Premier ministre Kassory sera-t-il évacué ou non ? L’audience du 11 juin devrait permettre d’y voir plus clair.