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CRIEF- Atteinte à l’environnement : le procureur “Alphonse Charles Wright“ ouvre une enquête sur un vaste scandale foncier (communiqué)

Le parquet spécial de la CRIEF, dirigé par le procureur spécial Alphonse Charles Wright, annonce l’ouverture d’une enquête préliminaire sur de graves atteintes à l’environnement et à la santé publique dans plusieurs zones du Grand Conakry et de l’intérieur du pays. En ligne de mire : destruction de mangroves, occupations illégales du domaine maritime, déversements de produits toxiques et soupçons de corruption impliquant des cadres de l’administration.

 

Ci- dessous communiqué : 

Ouverture d’une enquête préliminaire pour atteinte grave et massive à l’environnement et à la santé publique.

Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et

financières informe l’opinion publique nationale de l’ouverture d’une enquête préliminaire suite aux dénonciations reçues en notre parquet sous le n°231 le ler Juillet 2026 et plusieurs autres signalements des faits présumés d’atteinte grave à l’environnement et à la santé publique, liée à la destruction des mangroves, bras d e mer ou les domaines maritimes d e l’Etat ainsi que les plaines cultivables, le déversement des produits toxiques par la complicité de certains cadres de l’administration en charge de l’environnement, de l’urbanisme et de l’habitat.

 

 

Ces faits touchent les quartiers riverains de grand Conakry, précisément dans

les zones de Yimbaya Faban, Matoto centre, Sangoyah, Kissosso, Entag,

Tombolia N’Tapan, Dabompa, Lansanayah, Kountia, Kobayah, Sonfonia,

Kagbélén, Dubréka, Coyah, Forécariah, Boké et Boffa.

Ces atteintes à l’environnement ayant un effet sur la santé publique ont été

rendues possibles grâce à des pratiques de corruption d’agents publics,

concussion, enrichissement illicite, faux et usage de faux en écriture publiques

et privées, blanchiment de capitaux, prise illégale d’intérêts, complicité et le

non-respect du code de l’environnement, le code de la construction et de l’habitation et le décret portant réglementation du lotissement en République de Guinée.

D’ores et déjà, il y’a lieu de rappeler que les faits sus-indiqués sont prévus et punis par les dispositions de la loi L/2021/0024/AN du 17 Août 2021 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et financement du terrorisme, notamment en ses articles 7, 112 et 113, le code de l’environnement, le code de la construction et d e l’habitation, le code pénal et demeurent soumis à la compétence d e la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières.

 

 

Point besoin de rappeler que constituent les infractions économiques ou financières, au sens des dispositions de l’article ler alinéa 3 de l’ordonnance n°/2021/0007/PRG/CNRD/SGG portant création, compétence, organisation

et fonctionnement d e la Cour d e Répression des Infractions Economiques et Financières, celles relatives aux finances des personnes morales d e droit public, celles dont la réalisation est susceptible d’affecter négativement l’ordre public économique, celles qui constituent une atteinte grave et massive à la santé publique et à l’environnement.

 

 

Les personnes mises en cause utilisent comme mode opératoire le lotissement pour porter atteinte à l’environnement. Or suivant les dispositions des articles

13 et 14 du décret D/2023/0190/PRG/SCG portant règlementation des opérations de lotissements en République de Guinée du 9 Août 2023, toute demande d’autorisation de lotir doit être transmise par le Ministre en charge de l’Urbanisme à la Direction Nationale en charge d e l’Urbanisme pour

e x a m e n et avis et c o n d i t i o n n e la réalisation d e tout lotissement à la

délivrance préalable par le Ministre en charge de l’Urbanisme d’une

autorisation d e lotir, établie dans les conditions prévues par ledit décret.

 

Il est important d e rappeler é g a l e m e n t les dispositions d e l’article 18 alinéa 2

du décret précité, au sens duquel, il est interdit au profit des aménagements

les zones non couvertes à l’Urbanisation comme celles agricoles, minières ou

les espaces ligneux qui devront obéir à l’activité prévue dans la zone.

En dépit de cet acte réglementaire, les personnes continuent à agir

impunément sur l’environnement en violation des mesures prévues par la

réglementation en la matière.

Ainsi, dans le c a d r e d e la mise e n œ u v r e rigoureuse d e la politique pénale

de notre parquet en matière de poursuite des infractions portant atteinte à

l’environnement et à la santé publique, il a été instruit aux services de police

judiciaire saisis notamment la Direction Central de l’Office de Répression des

Délits Economiques et Financiers (ORDEF) et la Direction Centrale de la Police

Judiciaire (DCPJ) de procéder sans délai à :

-L’interpellation et audition d e tous les cadres communaux en c h a rg e d e

l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire et tous les chefs

des différents quartiers riverains ayant participé à la commission des faits

objet d e la présente procédure :

– Interpellation et audition de toutes les autorités ayant délivré les permis de

construire sans avoir communiqué a u préalable pour avis a u service de

l’environnement ou qui les ont délivrés sans tenir compte de la présence des

établissements classés et d e leurs impacts sur l’environnement :

– Interpellation et audition d e toutes les autorités par le fait desquelles la faune

et la flore ont été atteintes y compris les espèces animales, végétales ou à

leur milieu naturel ;

– Interpellation et audition de toutes les autorités ayant favorisé les nuisances

environnementales notamment les déchets ou les résidus issus du processus

de production, de transformation ou d’utilisation des zones affectées ;

– Interpellation et audition d e toutes les autorités ayant facilité l’installation

des usines, manufactures, ateliers, dépôts, chantiers, carrières ou d’une

manière générale des établissements exploités ou détenus par toute

personne physique ou morale publique ou privée qui présentent des dangers

ou des désagréments importants pour la santé, la sécurité, la salubrité

publique et la pêche sans tenir compte de la préservation de

l’environnement;

– Interpellation et audition de tous les occupants par voie de lotissement

illégal dont les activités ont permis de déverser au niveau du domaine

maritime des substances nocives et dangereuses qui, en raison d e leurs toxité,

de leurs radioactivités ou de leur concentration dans les chaines biologiques

ont été de nature à présenter un danger pour les habitants ou les populations

riveraines, le milieu naturel et l’environnement ;

-Identifications des occupants à quelques titres que c e soit des bras d e mer

ou des mangroves des zones concernées ou les domaines maritimes de l’Etat

ayant entrainé la dégradation de l’environnement par des occupations

anarchiques.

Conformément à l’article 18 de l’ordonnance N°/2021/0007/PRG/CNRD/SGG

du 02 décembre 2021 portant création, compétence, organisation et

fonctionnement d e la Cour d e Répression des Infractions Economiques et

Financières qui dispose : « Le procureur Spécial ou le cabinet d’instruction

peut être également assisté de toute personne dont la compétence avérée

est nécessaire », le parquet spécial a sollicité, en application de cette

disposition, l’assistance du Procureur Général près la Cour d’Appel de

Conakry, les Procureurs de la République près les Tribunaux de Première

Instance d e Mafanco et de Dixinn, les officiers ainsi que les agents de Police

judiciaire de la Gendarmerie Nationale, de la Police Nationale, des

conservateurs d e la nature, les administrateurs territoriaux, l’inspection

générale d e l’Urbanisme et de l’Habitat, le Directeur National de l’Urbanisme

et d e l’Habitat et le Directeur National d e l’Environnement et du

développement durable.

Une mission d’enquête conduite sous la Direction du Procureur Spécial et ses

Substituts sera effectuée au niveau des zones concernées pour la

constatation matérielle des faits et la détermination des échelles de

responsabilité.

Pour éviter des informations parcellaires, le parquet spécial invite toutes

personnes ayant intérêt à se référer uniquement sur les informations relayées

à travers nos canaux de communication officiels suivants :

Numéro vert : 627-80-17-17

Emails: Procureurspécialcriefguinée@gmail.com ou

parquetspecial.crief@justiceguinée.gov.gn .

Fait à Conakry, jeudi le 2 juillet 2026.