CONAKRY- Hadja Andrée Touré a rejoint sa dernière aux Cases Bellevue

L’ancienne Première dame de Guinée, Hadja Andrée Touré, a été inhumée ce dimanche dans l’enceinte des Cases Bellevue, à Conakry, où repose également Aminata Touré, fille du premier président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré.

Décédée récemment au Maroc, Hadja Andrée Touré a vu sa dépouille être rapatriée en Guinée samedi. Avant son inhumation, un symposium d’hommage s’est tenu au Palais du Peuple en présence des institutions républicaines, de membres du Gouvernement, de parents, d’amis et de nombreuses personnalités venues saluer la mémoire de cette figure historique.
La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Bah Oury, représentant le président de la République, Mamadi Doumbouya. À cette occasion, Hadja Andrée Touré a été élevée à titre posthume à une distinction honorifique de l’État guinéen. L’artiste malien Salif Keïta, présent à la cérémonie, a rendu un vibrant hommage à la défunte, déclarant avoir « perdu sa dernière maman ».
Au cours des témoignages, Elhadj Hassan Keïta, proche de la famille, a plaidé pour la levée de la sanction administrative frappant le PDG-RDA, estimant que ce parti, auquel Hadja Andrée Touré « a consacré sa vie et œuvré pour le rayonnement », mérite une réhabilitation.
Le PDG-RDA, formation politique qui a conduit la Guinée à l’indépendance en 1958, ainsi que l’ancien parti au pouvoir, le PUP, figurent parmi les partis dissous à l’issue du processus d’évaluation des formations politiques. Les principaux partis de l’opposition, notamment l’UFDG, le RPG Arc-en-ciel et l’UFR, avaient également été dissous.
La prière funéraire a été dirigée par le grand imam de la mosquée Fayçal de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara, en présence d’une foule nombreuse.
Malgré son état de santé, Mohamed Touré, fils de la défunte, a tenu à assister aux obsèques de sa mère.
Épouse de l’ancien président Ahmed Sékou Touré, Hadja Andrée Touré avait été arrêtée après la disparition de son mari à la suite de la prise du pouvoir par le Comité militaire de redressement national en 1984. Elle retrouvera plus tard la liberté, notamment grâce aux démarches de l’ancien président ivoirien Félix Houphouët-Boigny et du roi Hassan II du Maroc.