CRIEF : 22 responsables administratifs de Siguiri interdits de sortie du territoire

La lutte contre les atteintes à l’environnement dans la région administrative de Siguiri prend une nouvelle tournure judiciaire. Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a ordonné l’interdiction de sortie du territoire national de 22 responsables administratifs, civils et militaires, dans le cadre d’une enquête portant sur des faits présumés d’atteinte grave à l’environnement, de complicité et de corruption.

Dans une réquisition datée du 2 novembre 2026, le procureur spécial a instruit le commissaire spécial de l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré ainsi que le directeur de la Police aux frontières de prendre toutes les dispositions nécessaires pour empêcher les personnes concernées de quitter le territoire guinéen, par voie aérienne, maritime ou terrestre.

Cette mesure intervient à la suite d’un signalement transmis par communiqué n°0232/MATD/RAS/PS/2026 du 29 octobre 2026, faisant état d’une dégradation drastique de l’environnement dans la région de Siguiri. Selon le document, ces pratiques auraient également des conséquences négatives sur l’autosuffisance alimentaire et la sécurité des populations.

Parmi les personnes visées figurent le colonel Fayimba Mara, gouverneur par intérim de la région administrative de Siguiri, la sous-lieutenante Mariam 2 Camara, préfète par intérim de Doko, ainsi que plusieurs préfets et sous-préfets en fonction dans différentes localités de la région.

La liste comprend notamment les responsables administratifs de Dialakoro, Kintinian, Siguirini, Bankon, Naboun, Didi, Kourémalé, Fidako, Dioma Bana, Niandankoro, Maléah, Kiniébakoro, Koumandianbougou, Mignada, Niagassola, Tomboni, Norassoba, Franwalia, Tomba Kansa et Noukounkan.

Le document précise que les 22 responsables concernés sont tous suspendus de leurs fonctions respectives.

Pour justifier cette mesure, Alphonse Charles Wright invoque les nécessités de l’enquête préliminaire actuellement menée par la Direction centrale de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF). Leur présence sur le territoire national est jugée indispensable afin d’éviter qu’ils ne se soustraient à la procédure judiciaire en cours.

Cette interdiction de sortie du territoire constitue une nouvelle étape dans l’enquête sur les pratiques présumées ayant contribué à la dégradation de l’environnement dans la région aurifère de Siguiri. Les investigations devront notamment permettre de déterminer les responsabilités éventuelles des personnes mises en cause.

À ce stade, les faits qui leur sont reprochés demeurent présumés et devront être établis dans le cadre de la procédure judiciaire.

 

TBD/ Louis De Funès Diallo, Pour Mondemedia.info