Le gouvernement de la République de Guinée, à travers le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, le ministère du Plan et de la Coopération internationale ainsi que la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), a tenu, ce mardi 11 août 2026, un point de presse pour expliquer les tenants et aboutissants de la conclusion d’un accord technique avec les services du Fonds monétaire international (FMI).
Cet accord porte sur la mise en place d’un nouveau programme économique et financier de 41 mois, soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), pour un financement de près de 425 millions de dollars.
Selon le gouvernement, cet accord devrait permettre à la République de Guinée de consolider la stabilité macroéconomique et d’accompagner sa transformation économique.
Dans sa prise de parole, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Camara, a déclaré : « Les 425 millions de dollars du FMI doivent être considérés comme un levier plutôt que comme une solution. Le financement peut accompagner les réformes, renforcer la crédibilité économique du pays et soutenir les besoins de financement. Il ne remplacera toutefois pas la nécessité d’améliorer la mobilisation des recettes, la qualité de la dépense publique et l’efficacité des institutions. »
Le prochain test sera donc celui de l’exécution, a-t-elle indiqué : « La Guinée devra démontrer qu’elle peut transformer ses ambitions en résultats mesurables : davantage de recettes internes, une meilleure gestion budgétaire, des investissements plus productifs, une économie plus diversifiée et surtout davantage d’emplois et de services publics pour les citoyens. »
En définitive, a-t-elle assuré, « l’enjeu du nouvel accord avec le FMI dépasse largement les 425 millions de dollars. Il s’agit pour la Guinée de profiter d’une période exceptionnelle de croissance et d’investissements pour poser les bases d’un modèle économique moins dépendant des ressources extractives et davantage capable de financer son propre développement. »
De son côté, le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, estime que cet accord renforce la crédibilité de la Guinée auprès de ses partenaires.
« Cet accord donne une signature et une crédibilité à la Guinée. Nous avons un plan ambitieux de développement qui est le programme Simandou 2040. La Guinée doit mobiliser plus de 300 et quelques poussières de milliards de dollars pour les 15 prochaines années pour financer les projets. Ces projets sont divers. Quand vous prenez les cinq piliers, en faisant un investissement dans l’agriculture et l’agro-industrie, ça peut créer de l’emploi. Mais aussi l’éducation et la culture », a-t-il expliqué.
Poursuivant, le ministre a souligné que « plus de 10 projets structurants doivent être exécutés au cours des cinq prochaines années », notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé publique.
Concernant les infrastructures, Ismaël Nabé a indiqué que « 15 projets doivent être développés », notamment dans les domaines des routes, des pistes rurales, des ports et des aéroports.
Pour sa part, le gouverneur de la BCRG, Dr Karamo Kaba, a insisté sur l’importance de la crédibilité que cet accord pourrait apporter à la politique économique du pays.
« La valeur de cet accord ne se résume pas seulement en dollars ou en francs guinéens. Sa véritable valeur réside dans la crédibilité qu’il apporte à notre politique économique, dans la confiance qu’il peut susciter auprès des investisseurs et de nos partenaires. Après une croissance estimée à 6,9 % en 2025, notre économie devrait progresser d’environ 8,8 % en 2026 et d’environ 10 % entre 2027 et 2030, notamment grâce au secteur minier et à la montée en puissance de Simandou », a affirmé le patron de la BCRG.

