L’ONG Salon des Étudiants Entrepreneurs (SEE) « La Ruche » a lancé, mercredi 14 octobre 2026, le Programme national SEE6 pour le cycle 2026-2027. Le dispositif prévoit l’accompagnement de 100 porteurs de projets, la formation de 10 000 jeunes à l’entrepreneuriat et la mobilisation de 500 millions de francs guinéens pour financer cinq projets lauréats.
Baptisé Programme national SEE6 (PNSEE6), ce dispositif a été présenté lors d’une conférence de presse organisée autour du thème « L’entrepreneuriat étudiant, une force de création de valeur et d’emplois en Guinée ».
L’initiative vise à renforcer l’accompagnement des jeunes entrepreneurs et à faciliter le passage de leurs idées à des activités économiques structurées.
Selon le président de l’ONG, Bemba Mamoudou Youla, les cinq précédentes éditions du Salon des Étudiants Entrepreneurs ont permis d’identifier plusieurs initiatives portées par des jeunes, notamment dans la transformation des déchets plastiques en pavés, la fabrication de drones et de robots destinés à l’agriculture, ainsi que la confection de vêtements à partir de tissus locaux.
Pour le responsable de « La Ruche », l’un des principaux défis reste la mise en relation des porteurs de projets avec les entreprises, les experts et les partenaires financiers susceptibles de contribuer à leur développement.
« L’ennemi commun de notre écosystème, ce n’est pas un acteur. C’est la rupture entre ceux qui ont du potentiel et ceux qui pourraient leur permettre de le concrétiser », a-t-il déclaré.
Cent projets accompagnés pendant quatre mois
Le programme prévoit la sélection de 100 entrepreneurs et de leurs projets, qui bénéficieront de quatre mois de pré-incubation. Cette phase comprendra des formations pratiques, un diagnostic des activités, du mentorat ainsi qu’un accompagnement portant notamment sur la gestion, l’étude du marché et les techniques de vente.
L’ONG ambitionne également de contribuer à la formation de 10 000 jeunes dans les universités et les établissements de formation professionnelle.
Au terme du processus, cinq projets seront distingués comme « Super Lauréats », à raison d’un par secteur : l’agroalimentaire, l’industrie et la transformation, le numérique et les technologies, les services et solutions professionnelles, ainsi que les industries culturelles et créatives.
Pour soutenir ces cinq projets, l’organisation vise une mobilisation de 500 millions de francs guinéens. Bemba Mamoudou Youla a toutefois précisé que cette somme constitue un objectif de financement et non une enveloppe déjà disponible.
Les candidatures sont ouvertes gratuitement aux élèves, étudiants et apprenants guinéens disposant d’un projet ayant atteint au moins le stade du prototype. Les candidatures peuvent être individuelles ou collectives et doivent être soumises à travers le formulaire officiel publié par l’organisation en ligne.
Un bilan de 420 projets accompagnés
Pour justifier cette nouvelle orientation, le président de l’ONG a présenté le bilan des cinq premières éditions du Salon. Selon les données communiquées par « La Ruche », 420 projets ont été accompagnés et 25 ont bénéficié d’un financement. Dix étudiants ont également obtenu des bourses d’études grâce à un partenariat avec Keyce Academy.
L’organisation affirme par ailleurs que les projets participants ont généré plus de 400 millions de francs guinéens de chiffre d’affaires sur les quinze jours cumulés des salons.
Bemba Mamoudou Youla reconnaît cependant que l’accompagnement et le financement ne garantissent pas nécessairement la pérennité des entreprises. Il estime que le suivi des bénéficiaires, leur accès aux marchés et la consolidation de leurs activités doivent désormais occuper une place centrale.
L’objectif affiché est ainsi de dépasser le cadre d’un événement ponctuel pour proposer un accompagnement plus continu, orienté vers la création et le développement d’entreprises.
À plus long terme, le président de l’ONG a évoqué l’ambition de contribuer, avec les différents acteurs de l’écosystème entrepreneurial, à la création de 10 000 à 20 000 emplois par an. Il a présenté cette perspective comme un objectif collectif, dont la réalisation dépendra notamment des financements mobilisés, des débouchés commerciaux et du suivi des résultats.
GUIMITY annonce un accompagnement des lauréats
Partenaire du Salon depuis près de deux ans, la structure GUIMITY entend contribuer à la mobilisation des financements en faveur des entrepreneurs sélectionnés.
Son cofondateur, Martin Luther Keïta, a annoncé que les cinq futurs Super Lauréats pourront présenter gratuitement leurs projets sur la plateforme de financement de sa structure. Selon ses explications, les mécanismes de financement proposés peuvent notamment prendre la forme de prêts, de dons ou de prises de participation.
La structure prévoit également un accompagnement en matière de suivi et de reporting, afin d’aider les entrepreneurs à rendre compte de l’utilisation des fonds obtenus et de l’évolution de leurs activités.
Martin Luther Keïta a appelé les autres partenaires à contribuer à l’objectif financier fixé par le programme. La mobilisation effective des 500 millions de francs guinéens dépendra donc des engagements et des contributions des différents acteurs.
Une bénéficiaire témoigne de l’importance du financement
La conférence a également été marquée par le témoignage de Kadiatou Kouyaté, une entrepreneure ayant bénéficié d’un financement de 80 millions de francs guinéens en 2025.
Selon elle, cet appui a permis à son équipe de faire évoluer son projet et de mettre en place une entreprise. Elle a souligné l’importance du financement, mais aussi de la formation et de l’accompagnement technique pour les jeunes qui disposent de peu d’expérience dans la gestion d’une activité économique.
L’entrepreneure a indiqué que son équipe avait acquis des machines de production et annoncé un démarrage de la production en novembre 2026, sous réserve du déroulement des phases de test prévues.
Son témoignage illustre les différentes étapes que le programme entend soutenir, depuis la conception d’un projet jusqu’à la mise en place des moyens de production et au lancement des activités.
L’enseignement supérieur associé au dispositif
Présent à la rencontre, le directeur général de l’Enseignement supérieur, Oumar Doumbouya, a salué l’initiative et invité les étudiants des universités, instituts et écoles supérieures, publics comme privés, à présenter leurs projets.
Selon les chiffres qu’il a communiqués, huit des 19 institutions publiques d’enseignement supérieur disposent de pôles de valorisation de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Il a annoncé l’ajout de deux nouveaux pôles, ce qui porterait leur nombre à dix.
Ces structures sont présentées comme des espaces d’incubation destinés à encourager la créativité et à accompagner les initiatives entrepreneuriales des étudiants.
Le programme prévoit également une coopération avec le Salon des Étudiants Entrepreneurs en France. D’après Bemba Mamoudou Youla, cette démarche doit favoriser les échanges entre les acteurs guinéens et français, notamment à travers la mobilité d’entrepreneurs et d’accompagnateurs, le partage d’expériences et l’accueil de professionnels français en Guinée.
L’ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone accompagne cette initiative, selon le président de l’ONG.
Par ailleurs, sept mémorandums d’entente ont été signés avec des structures partenaires afin de formaliser leur participation à l’accompagnement des entrepreneurs.
Avec le PNSEE6, « La Ruche » entend renforcer les liens entre les établissements d’enseignement, les entreprises et les acteurs du financement.
TBD/ Louis de Funès

