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Gouvernance minière : la grande éclaircie (Par Cheikh Yérim Gueye)

Un président de la République, selon la formule consacrée, « définit la politique nationale ». Il fixe le cap et donne les orientations. Cependant, les méthodes et les stratégies de mise en œuvre de cette politique relèvent de la technostructure : ces fonctionnaires de la haute hiérarchie, ces experts, cadres de conception et d’accompagnement qui assurent le fonctionnement de l’État et dont dépendent les performances et les résultats attendus par la nation.

 

 

Dans le secteur minier, le pragmatisme et la détermination du chef de l’État, appuyé par des collaborateurs discrets et efficaces, ont permis à l’administration minière d’accélérer la cadence, dans une grande mobilisation de l’intelligence collective, pour des résultats jugés aujourd’hui probants.

À son actif figurent la maîtrise et l’assainissement du cadastre minier, avec le retrait des permis miniers ou de carrières détenus par des centaines de sociétés fictives ou moribondes ; une meilleure connaissance du sous-sol et de ses ressources ; une cartographie minière plus précise ; l’exigence du respect des conventions minières, notamment en matière de transformation locale à travers la construction, longtemps attendue, de raffineries — CHALCO ayant déjà entamé la sienne à Boffa ; l’amorce d’une qualification systémique de la main-d’œuvre locale, en collaboration avec les exploitants ; un contrôle plus strict des exportations de produits miniers ; ainsi qu’une implication plus affirmée de l’État dans la fixation des prix.

 

 

Mais le plus impressionnant reste sans doute le professionnalisme et la rigueur dans les négociations avec les investisseurs, dont l’illustration la plus marquante demeure le succès enregistré dans les accords autour du projet Simandou.

 

 

L’État a en effet compris que l’avancée fulgurante des technologies a placé les matières premières au cœur d’enjeux stratégiques qui modifient profondément l’environnement politico-juridique des négociations sur les contrats miniers. À chaque acteur de s’y préparer et de fourbir ses armes.

 

 

Le projet Simandou, c’est aussi la vision Simandou 2040, dont l’objectif fondamental est la transformation structurelle du pays et l’amélioration des conditions de vie des populations.

C’est dans cette optique qu’une mission du FMI, actuellement en séjour à Conakry, a échangé, le 18 juin, avec le Premier ministre au sujet de l’accompagnement de cet ambitieux projet.

 

 

Le premier septennat du président Mamadi Doumbouya s’annonce ainsi sous de bons auspices, au regard de son ambition, longtemps affichée, de mettre le potentiel minier au service du développement national et du bien-être des populations.

Cheikh Gueye Yerim
Journaliste indépendant – Chroniqueur
E-mail : yerim.guinee@gmail.com