Le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a saisi l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) pour enquêter sur une affaire présumée de disparition de fonds dans deux coffres-forts d’AFG Bank Guinée SA.
Selon une plainte déposée le 20 juillet 2026 par le cabinet Almamy Traoré, avocat à la Cour, au nom de son client Aladji Sidibé, opérateur économique, les faits pourraient relever d’abus de confiance, complicité, recel et d’autres infractions susceptibles d’être retenues contre la banque et certaines personnes impliquées.
D’après les éléments transmis au parquet, Aladji Sidibé avait conclu un accord avec AFG Bank Guinée SA pour la location de deux coffres-forts personnels, identifiés sous les numéros 23 et 24, installés dans la salle sécurisée de l’établissement bancaire.
Ces coffres étaient destinés à conserver des fonds en devises appartenant au client. Le plaignant affirme y avoir déposé jusqu’à six millions de dollars américains (6 000 000 USD), avant plusieurs opérations de retrait.
Un procès-verbal daté du 22 juin 2026 indique qu’une somme de 3,6 millions de dollars américains avait été répartie dans les deux coffres, soit 1,8 million USD dans chacun. Lors d’une opération précédente, le client aurait retiré 100 000 dollars, laissant un solde estimé à 3,5 millions USD.
Des coffres retrouvés vides
Le 22 juin 2026, accompagné de deux huissiers de justice, Maîtres Aboubacar Camara et Boubacar Télimélé Sylla, Aladji Sidibé s’est rendu au siège d’AFG Bank Guinée pour procéder à un constat.
Après les formalités d’accès à la salle des coffres, les deux dispositifs ont été ouverts en présence de représentants de la banque. Selon le procès-verbal, les cassettes intérieures des coffres numéro 23 et 24 étaient totalement vides.
Le constat a été effectué en présence notamment de Yaya Diallo, responsable des coffres-forts, d’Ibrahima Sory Sow, conseiller clientèle, de Mamadou Bailo Barry, conseiller juridique, d’Alpha Baldé, responsable caisse gros versements, et d’Oumar Tanou Baldé du contrôle interne.
Le document précise qu’aucune trace apparente d’effraction extérieure n’a été relevée. Les enquêteurs devront donc déterminer comment les fonds auraient pu disparaître dans un espace placé sous le contrôle et la responsabilité de la banque.
AFG Bank sommée de fournir des explications
Dès le 23 juin 2026, Aladji Sidibé aurait adressé une réclamation officielle au directeur général d’AFG Bank Guinée SA, demandant l’ouverture d’investigations internes et la conservation des éléments de preuve, notamment les images de vidéosurveillance, les registres d’accès, les historiques d’ouverture des coffres, les mouvements de clés et les rapports techniques.
Le 29 juin 2026, la banque aurait été sommée de restituer la somme réclamée. Selon la plainte, AFG Bank Guinée SA aurait procédé uniquement à la restitution de trois millions cinq cent mille dollars américains (3 500 000 USD), sans fournir de rapport détaillé sur les circonstances de la disparition présumée.
Une enquête confiée à l’ORDEF
Dans une correspondance adressée au directeur central de l’ORDEF, le parquet spécial de la CRIEF a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire.
Les investigations concernent notamment AFG Bank Guinée SA, ainsi que plusieurs responsables de l’établissement, dont Yaya Diallo, responsable des coffres-forts, Thierno Ibrahima Diallo, responsable caisse gros versements, Oumar Tanou Baldé du contrôle interne, Ibrahima Sory Sow, conseiller clientèle, et Alpha Baldé.
Les enquêteurs sont chargés de recueillir tous les documents relatifs aux accès à la salle des coffres, aux habilitations, aux interventions techniques, aux dispositifs de sécurité, aux journaux électroniques et aux enregistrements de vidéosurveillance.
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