Hélégie à Souley LYNX (Par Eric Thiam)

C’est les yeux embués de larmes et le cœur brisé que je prends la plume pour rendre hommage à un être sublime, un frère d’exception : Souleymane Diallo. « Souley Lynx », comme nous l’appelions avec tant de respect et d’affection, s’en est allé, laissant derrière lui un vide abyssal que rien ne pourra combler.

Un vibrant hommage anthume lui avait été déjà rendu. Il mérite cependant une élégie posthume qui ne peut être parfaitement par mes maigres talents. Je suis convaincu que de meilleures plumes traceront meilleures lignes.

Toutefois et dans ce but, mes pensées les plus émues et mes condoléances les plus sincères vont à son épouse éplorée, qui a eu la lourde tâche de m’annoncer cette terrible nouvelle, ainsi qu’à ses enfants.

 

 

La nouvelle a éclaté en moi comme le grondement du tonnerre qui troue la somnolence de la nuit.

Je partage la douleur indicible de Mme DIALLO et de ses filees. Je les assure que le départ de Souley n’est pas seulement la perte d’un époux et d’un père dévoué, c’est aussi celle d’un monument national de droiture, de courage et de charité. Il a été, pour nous tous, un modèle de rectitude morale et d’exemplarité humaine, sans pareil.

Alors que les larmes coulent, une question cruciale m’envahit l’esprit : quel sera désormais le sort du journal le Lynx ?

Cet organe de presse qu’il a porté à bout de bras avec un perfectionnisme absolu, cette plume fine et holistique qui a tant fait pour la liberté d’expression, peut-il lui survivre ?

Le Lynx était son âme, son combat, son enfant académique. Aujourd’hui, le meilleur moyen de sécher nos larmes et d’honorer la mémoire de ce journaliste talentueux est de veiller à ce que l’esprit du Lynx ne s’éteigne jamais. Nous devons tout faire pour que son héritage intellectuel continue de mordre, d’éveiller les consciences et de briller dans le paysage médiatique.

Ce monument de la liberté d’expression ne doit pas s’éteindre avec son créateur. Soutenir sa rédaction en cette période de refondation de l’État et de transformation démocratique est notre devoir à tous pour que l’héritage vive.

J’interpelle Azoka et ses coéquipiers pour s’y atteler audacieusement.

Repose en paix, cher frère Souleymane. Ta plume s’est tue, mais ton combat continue et ton exemple restera éternel.

Veuille-le Très haut t’accueillir avec Miséricorde, en rémission de tes péchés et en acceptation de tous tes actes cultuels d’adoration et de piété.

Amen.

Éric THIAM

Depuis Washington