Les plaidoiries et les réquisitions dans l’affaire opposant Kanis Komara Diané, représentée par son père, Elhadj Madifing Diané, à Djiba Diané, ont été présentées ce mercredi 22 juillet 2026 devant le tribunal de première instance de Dixinn. La première accuse le second d’abus de confiance, de faux et d’usage de faux portant sur deux véhicules de marques Range Rover et Hyundai, dont elle revendique la propriété.
Dans sa plaidoirie, l’avocat de la plaignante a expliqué au tribunal que ces véhicules ont été achetés dans le cadre des activités de l’entreprise MIKA Sécurité, appartenant à Kanis Komara Diané, où Djiba Diané exerçait en qualité d’employé. Selon lui, à la suite de la rupture du contrat qui les liait, ce dernier se serait approprié les deux engins.
L’avocat a également évoqué de fausses immatriculations attribuées à ces véhicules. Il a ajouté que, malgré les démarches entreprises pour les récupérer, le prévenu n’a jamais daigné les restituer à son ancienne employeuse.
Pour étayer ses arguments, il s’est appuyé sur les factures d’achat des véhicules ainsi que sur des informations fournies par les services du CADAC, entre autres pièces. Revenant sur les circonstances ayant conduit au recrutement de Djiba Diané au sein de la société, il a estimé que les faits d’abus de confiance ainsi que de faux et usage de faux sont bel et bien constitués.
En conséquence, il a demandé au tribunal d’ordonner la restitution des deux véhicules à sa cliente et de condamner Djiba Diané au paiement de 100 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts pour tous préjudices confondus.
De son côté, l’avocat de la défense a plaidé la relaxe de son client, estimant qu’aucune des infractions poursuivies n’est constituée.
Selon lui, Kanis Komara Diané et Djiba Diané entretenaient une relation amoureuse depuis 2020. Tous deux évoluaient au sein de MIKA Sécurité, la première en qualité de PDG, le second comme associé et directeur général.
L’idée d’acquérir un véhicule Range Rover serait née lors d’un repas au restaurant, un an plus tard. À l’occasion d’un voyage en Belgique, Kanis Komara Diané aurait communiqué à Djiba Diané le prix du véhicule. Ce dernier lui aurait alors envoyé 14 000 euros pour son achat. Le véhicule aurait ensuite été expédié à Conakry, avant d’être immatriculé et mis en circulation.
L’avocat affirme que ce n’est qu’après quatre années d’utilisation du véhicule, lorsque Kanis Komara Diané aurait appris que son compagnon envisageait de faire revenir en Guinée sa famille installée à Dakar, que les tensions seraient apparues dans leur relation. Elle aurait alors commencé à revendiquer la propriété du véhicule, ce qui a conduit au contentieux actuel.
S’agissant du véhicule Hyundai, la défense soutient que Kanis Komara Diané l’avait elle-même offert à Mamadou Diallo, qu’elle considérait comme médiateur dans son couple avec Djiba Diané.
Entendu à titre de renseignement, Mamadou Diallo a confirmé cette version : « Elle m’avait promis un cadeau. En guise de reconnaissance pour mes interventions dans leur relation, elle m’a offert la Hyundai. »
S’appuyant sur ce témoignage, la défense estime que la plaignante tente aujourd’hui de regrouper les deux dossiers afin de réclamer également ce second véhicule, alors que son client n’y serait pour rien.
Concernant l’infraction d’abus de confiance, l’avocat soutient que Djiba Diané dispose d’un titre de propriété concernant le véhicule Range Rover.
Quant aux faits de faux et usage de faux, il s’est interrogé sur la nature exacte du document prétendument falsifié.
« Quel document a été falsifié ? La carte grise ? Les documents administratifs du véhicule ? S’il y a eu un dysfonctionnement dans l’immatriculation, cela ne peut être imputé à mon client », a-t-il plaidé.
« Si mon client était fautif, est-ce que le directeur du CADAC lui aurait présenté des excuses ? », a-t-il lancé au tribunal, avant de solliciter sa relaxe pure et simple pour insuffisance de preuves.
Avant les plaidoiries de la défense, le procureur de la République avait estimé que le dossier ne lui permettait ni de requérir une condamnation ni une relaxe. Il a invité le tribunal à apprécier souverainement les éléments du dossier et à rendre sa décision.
L’affaire a été mise en délibéré pour le 29 juillet 2026. Selon nos conférés de Mediaguinee