La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) s’intéresse de près au processus d’intégration à la Fonction publique au sein de la Radio-Télévision Guinéenne (RTG). Dans une correspondance datée du 2 novembre 2026, le Procureur spécial a instruit l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance (ANLC-PBG) d’ouvrir une enquête préliminaire à la suite d’un signalement formulé par le Collectif des Anciens Stagiaires de la RTG (CAS-RTG).
Selon le document, le collectif, représenté par Soriba Soumah, dénonce des faits présumés d’irrégularités administratives et financières, de corruption, de détournement de quotas administratifs ainsi que de discrimination dans le cadre du processus d’intégration des agents de la RTG à la Fonction publique.
Le signalement rappelle que dans le cadre des réformes engagées pour l’assainissement et la modernisation de l’administration publique, un quota spécifique de 350 places avait été réservé aux agents de la RTG totalisant au moins cinq années de stage ou de service effectif au sein de l’institution. Des opérations de recensement, d’enrôlement biométrique et de sélection avaient notamment été organisées le 14 août 2024 pour identifier les bénéficiaires de cette mesure exceptionnelle.
Toutefois, les plaignants soutiennent que plusieurs anciens stagiaires remplissant les critères requis auraient été écartés au profit de personnes ne répondant pas aux conditions d’éligibilité. Le collectif dénonce également la réintégration ou la régularisation récente de dix stagiaires dans des conditions jugées opaques, alors même qu’ils n’auraient pas satisfait aux exigences du concours initial.
Par ailleurs, les anciens stagiaires affirment craindre leur exclusion des locaux de la RTG, tandis que d’autres recrues continueraient à y être accueillies malgré les contestations entourant leur admission.
Face à la gravité des accusations, le Procureur spécial estime que les faits dénoncés pourraient, s’ils sont établis, être constitutifs d’infractions telles que la corruption, le favoritisme, le détournement de deniers publics, le faux et usage de faux ou encore d’autres infractions assimilées prévues par la législation guinéenne.Actualités Guinée
L’ANLC-PBG est ainsi chargée de vérifier les conditions d’attribution et de répartition du quota des 350 places accordées à la RTG. L’enquête devra notamment identifier les responsables impliqués dans les opérations de recensement, d’enrôlement biométrique, de sélection et de validation des listes des bénéficiaires.
Les enquêteurs auront également pour mission d’examiner les listes initiales et définitives des candidats retenus, de contrôler leur ancienneté et leur situation administrative, de vérifier les allégations relatives à l’intégration de personnes non éligibles et d’éclaircir les circonstances entourant la régularisation des dix stagiaires contestés.
Enfin, le Procureur spécial demande à l’ANLC-PBG de rechercher l’existence éventuelle d’actes de corruption, de favoritisme ou de toute autre infraction susceptible de découler des faits dénoncés.

