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C’est un coup de balai inédit au sein de l’administration locale. Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) a décidé de mettre fin aux fonctions de plusieurs présidents de districts et de quartiers dans la région administrative de Siguiri. La mesure, contenue dans la décision n° D/2026/020/MATD/CAB/SG du 30 octobre 2026, vise des responsables locaux auxquels le département reproche notamment d’avoir favorisé des activités d’orpaillage illégal, clandestin et semi-artisanal, ainsi que d’autres pratiques portant atteinte à l’environnement et aux ressources naturelles.

Dans son article premier, la décision précise que les responsables concernés sont limogés pour avoir favorisé la pratique de l’orpaillage illégal, la dégradation de l’environnement, la destruction des terres cultivables, des cours d’eau, des ressources halieutiques, de la faune et de la flore dans la région administrative de Siguiri. Le texte leur reproche également d’avoir hébergé et employé des étrangers en situation irrégulière.

Cette décision s’inscrit dans le cadre des prérogatives du ministère, qui s’appuie sur plusieurs textes législatifs et réglementaires, notamment le Code révisé des collectivités locales du 26 mai 2017 et les textes relatifs à l’organisation de l’administration publique et au statut des fonctionnaires des collectivités locales.

479 responsables concernés dans plusieurs communes

Au total, la décision comporte une liste nominative de 479 présidents de districts et de quartiers concernés par cette mesure. Les personnes visées sont réparties dans différentes communes de la région administrative de Siguiri.

La liste annexée au document présente, pour chaque responsable, sa commune, son quartier ou district, ses prénoms et noms ainsi que sa fonction. Elle concerne notamment les communes de Siguiri, Franwalia, Siguiri-Ni, Kiniébakoura, Doko et Fidako, entre autres.

Cette mesure touche ainsi un nombre important de responsables de proximité, qui occupaient des fonctions au sein de l’administration locale. Elle constitue une décision d’envergure dans la gestion des structures décentralisées de la région de Siguiri, particulièrement confrontée aux enjeux liés à l’exploitation aurifère et à ses conséquences environnementales.

Des poursuites judiciaires annoncées

Au-delà du limogeage, le ministère annonce également des suites judiciaires contre les responsables concernés.

L’article 2 de la décision indique que les présidents des conseils de districts et de quartiers dont l’implication dans les activités d’orpaillage illégal, notamment à travers l’accueil et l’installation d’étrangers en situation irrégulière, sera établie, feront l’objet de poursuites judiciaires devant les juridictions compétentes.

Le département précise que ces poursuites seront engagées conformément aux lois et règlements en vigueur.

Cette disposition donne une dimension judiciaire à la mesure administrative. Les personnes concernées pourraient donc être amenées à répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes, sous réserve de l’établissement de leur responsabilité.

Les premiers vice-présidents appelés à assurer la relève

Pour garantir la continuité de l’administration locale, l’article 3 prévoit que les présidents de districts et de quartiers concernés seront remplacés par leurs premiers vice-présidents.

Ces derniers auront la responsabilité d’assurer la continuité du service public local et le fonctionnement normal des organes des districts et des quartiers, dans le strict respect des lois et règlements en vigueur.

Le secrétaire général de la préfecture de Siguiri ainsi que les maires des communes concernées sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’application de cette décision, conformément à l’article 4.

Ci-dessous la décision…