Au village comme dans les grandes cités, nul ne siège dans la cour des grands sans avoir au préalable fait ses armes. La Féguifoot obéit exactement à cette même exigence de crédibilité. Ce qui nous conduit aujourd’hui à appeler un chat un chat.
Et à écrire qu’entre Antonio Souaré et ses concurrents, le scrutin de ce 27 octobre 2026 expose plutôt une démonstration flagrante d’écart d’expérience où le formateur fait face à des apprenants.
Pour s’en convaincre, il suffit d’observer d’un côté Souaré dont le profil parle d’office pour lui. Il s’agit de l’ancien président de la Féguifoot ainsi que du président du Horoya AC qu’il a hissé au rang de référence continentale, tout en étant un habitué des couloirs de la CAF au Caire et de la FIFA à Zurich.
C’est un réseau, une expérience d’entrepreneur du football ainsi qu’une connaissance de la haute gestion fédérale que personne ne peut lui contester.
Au-delà du dirigeant, Antonio Souaré affiche une stature financière et patrimoniale unique. Homme d’affaires à la tête du groupe SAM-GBM, actif de l’industrie aux médias en passant par le BTP et les télécoms, ce mécène de premier plan a concrétisé cette puissance en bâtissant sur fonds propres le complexe d’élite de Yorokoguia à Dubréka, un joyau regroupant le Horoya AC, l’Académie AFAS et le Souaré Club Hôtel.
À l’autre bout du terrain, de l’autre côté se trouvent Ibrahima Khalil Kaba, Mamady Doumbouya et Mohamed Chérif Haïdara, trois profils respectables au parcours reconnu. Kaba est à la tête du Karfamoriah FC de Kankan, Doumbouya préside l’Union FC tout en étant cadre de l’ARPT, tandis que Mohamed Chérif Haïdara évolue comme opérateur économique.
Ce sont trois acteurs du football local dont l’engagement est à saluer, mais dont le curriculum au sommet de la gestion fédérale et internationale reste, en toute objectivité, à construire.
Face à cette réalité incontournable, la véritable clé du match de ce scrutin se pose alors très froidement. Quand il s’agit de défendre les intérêts de la Guinée à Rabat, au Caire ou à Abidjan, de négocier un programme de développement ou encore de marquer son territoire au sein d’une commission de la CAF, faut-il tabler sur un carnet d’adresses déjà plein ou s’en remettre à un carnet restant à remplir ?
La comparaison révèle aussitôt cette fracture. L’un arrive avec son badge permanent et le poids d’investissements concrets qui se chiffrent en centaines de milliards de nos francs, alors que les trois autres arrivent avec une simple demande de badge visiteur. C’est une différence de niveau, pas une question de personne. D’autant que l’histoire récente nous le rappelle avec sévérité, on a fait l’expérience de confier la Féguifoot à des profils en apprentissage.
Le constat se solde par l’instabilité, des crises et une image internationale fragilisée. Le football national en a payé l’addition.
Dès lors, ce 27 octobre, la balle est dans le camp des membres statutaires. À eux de choisir l’expérience éprouvée d’un bâtisseur pour faire triompher la nation ou de résigner le pays au risque de l’apprentissage.
Quoi qu’il advienne, l’Histoire jugera.
Par Alpha Abdoulaye Diallo, in Le Populaire du lundi 26 octobre 2026

