Le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a requis le gel de toute mutation immobilière concernant un immeuble situé à Ansoumania-Plateau, ainsi que le séquestre des loyers qui en sont issus. Cette mesure intervient à la suite d’une plainte déposée par plusieurs adjudicataires, représentés par la société civile professionnelle d’avocats SCPA PAL & JPK et associés.
Dans une réquisition datée du 21 octobre 2026, le procureur spécial près la CRIEF a demandé aux conservateurs fonciers de Kindia et de Conakry d’empêcher toute mutation du titre de propriété d’un immeuble situé à Ansoumania-Plateau.
Le bien immobilier concerné est enregistré sous le titre foncier n° 03906/2008/TF. Il couvre une superficie de 905,427 m² et comprend trois bâtiments à usage d’habitation.
Selon le document, cette mesure est sollicitée dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte à la suite d’une plainte formulée par la société civile professionnelle d’avocats SCPA PAL & JPK et avocats associés, agissant au nom de leurs clients, dont Alpha Ibrahima Sory Diallo, Fatoumata Binta Diallo, Nèma Kolamou, Mamady Condé et soixante autres adjudicataires.
Quatre personnes visées par l’enquête
Le parquet spécial indique avoir transmis le dossier à l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) pour l’ouverture d’une enquête préliminaire visant quatre personnes : Ibrahima Baïlo Diallo, Aminata Diallo, Aly Boubacar Diallo et Abraham Cissoko, ancien conservateur de la propriété foncière de Kindia.
Le document mentionne également un réquisitoire aux fins d’interdiction de sortie du territoire visant les personnes concernées.
Toutefois, la réquisition ne précise pas la nature exacte des faits reprochés aux personnes citées. Leur éventuelle responsabilité devra être établie dans le cadre de la procédure judiciaire.
Les loyers concernés placés sous séquestre
Outre le gel des mutations du titre foncier, le procureur spécial requiert le séquestre des loyers déjà échus et de ceux à venir, jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.
Les sommes concernées devraient être déposées au greffe de la CRIEF, dans l’attente de la saisine de l’Agence de recouvrement des avoirs saisis et confisqués.
La réquisition, fondée notamment sur des dispositions du Code de procédure pénale et sur l’ordonnance portant création, compétence, organisation et fonctionnement de la CRIEF, vise à préserver le bien immobilier et les revenus locatifs concernés pendant les investigations.
À ce stade, le document établit l’existence de réquisitions du parquet spécial. Il ne constitue pas, à lui seul, une décision définitive de la juridiction sur la propriété du bien ou sur la responsabilité des personnes visées.

