Ce Lundi 9 septembre 2024 à Conakry. Dans une tribune publiée ce lundi 9 septembre 2024, plusieurs organisations de la société civile française interpellent les dirigeants de leur pays sur la situation de la transition guinéenne.
Cela fait désormais deux mois qu’Oumar Sylla dit Foniké Mengué, et Mamadou Billo Bah, militants guinéens membres de Tournons La Page Guinée et du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), ont été enlevés. Le 9 juillet dernier, ils ont disparu alors qu’ils participaient à une campagne citoyenne pacifique dénonçant la censure des médias en Guinée.
Malgré des témoignages pointant du doigt les forces de sécurité dans leur enlèvement, les autorités guinéennes déclinent toute responsabilité, déclarant ignorer où ils se trouvent.
Mohammed Cissé, militant capturé à leurs côtés avant d’être relâché, a raconté sur les réseaux sociaux les déplacements forcés et les tortures que lui et ses camarades ont subis. La situation suscite une vive inquiétude, alimentant à la fois colère et peur parmi leurs proches, mais aussi au sein de toute la communauté engagée dans la défense des droits humains et de la démocratie en Guinée.
À quelques mois de la fin prévue de la transition militaire, le climat politique devient de plus en plus alarmant. Portés au pouvoir par un coup d’État le 5 septembre 2021, les militaires avaient initialement suscité de nombreux espoirs au sein de la population. Cependant, trois ans plus tard, la désillusion est amère. Le Président de la transition, Mamadi Doumbouya, dirige aujourd’hui un État ou règnent la répression, l’autoritarisme et la violence. Toute forme de critique y est sévèrement réprimée.
Des 2022, après avoir dissous le FNDC et interdit les manifestations, le régime a intensifié la répression: restrictions de l’accès à Internet, fermeture des médias indépendants les plus écoutés et répression violente des contestations. Aujourd’hui, de nombreux opposants politiques et membres de la société civile sont en exil ou en prison. Dans ce contexte répressif, avocats, journalistes, défenseurs des droits et syndicalistes continuent de résister, souvent au péril de leur vie.
La Guinée s’enfonce dans la répression et la France regarde ailleurs
Ci- dessous copie tribune :
Mondemedia.info