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CRIEF : Alphonse Charles Wright saisit l’ORDEF après une plainte de la SCPA PAL & JPK pour un litige immobilier

 

Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a instruit l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) d’ouvrir une enquête préliminaire sur un litige immobilier opposant plusieurs adjudicataires à des personnes mises en cause dans une affaire portant sur un immeuble situé à Ansoumania-Plateau, dans la préfecture de Dubréka.
Dans une instruction datée du 21 octobre 2026, le parquet spécial demande des investigations sur des faits présumés d’insolvabilité, de faux et usage de faux en écriture publique, de blanchiment de capitaux, de recel, d’enrichissement illicite et d’autres infractions connexes.
L’affaire fait suite à une plainte déposée le 12 octobre 2026 par la société civile professionnelle d’avocats SCPA PAL & JPK et associés, au nom d’Alpha Ibrahima Sory Diallo, de Fatoumata Binta Diallo, de Nèma Kolamou, de Mamady Condé et de 60 autres adjudicataires.
Un immeuble au cœur du litige
Selon les éléments exposés dans la plainte, les plaignants affirment avoir été victimes d’une escroquerie dans le cadre d’une opération d’acquisition de logements auprès d’Ibrahima Baïlo Diallo.
Ils indiquent avoir obtenu la condamnation solidaire de ce dernier et d’Aly Boubacar Diallo au paiement de 3,32 milliards de francs guinéens, au titre de la restitution des sommes dues et des dommages et intérêts. Cette condamnation résulte d’un jugement rendu le 11 octobre 2016 par le Tribunal de première instance de Mafanco, confirmé par un arrêt de la Cour d’appel de Conakry du 10 janvier 2018.
Faute d’exécution volontaire de cette décision, les créanciers ont engagé une procédure de saisie immobilière portant sur un immeuble situé à Ansoumania-Plateau, objet du titre foncier n° 03906/2008/TF. D’une superficie de 905,427 m², la propriété comprend trois bâtiments à usage d’habitation.
D’après la plainte, le bien leur a été adjugé par un jugement du Tribunal de première instance de Dubréka rendu le 9 juin 2022.
Une mutation foncière contestée
Les plaignants affirment avoir découvert une mutation du titre foncier au nom d’Aminata Diallo, présentée dans la plainte comme la sœur d’Ibrahima Baïlo Diallo.
Cette opération aurait été enregistrée au moyen d’un bordereau analytique daté du 15 décembre 2021, alors qu’un commandement aux fins de saisie immobilière avait été signifié le 21 octobre de la même année et publié au livre foncier de Kindia le 5 janvier 2022.
La plainte met notamment en cause Abraham Cissoko, ancien conservateur de la propriété foncière de Kindia, dont le rôle dans cette mutation devra être examiné par les enquêteurs.
Les investigations devront déterminer les circonstances exactes du transfert de propriété, vérifier l’authenticité et la régularité des documents fonciers et établir si les dates de dépôt, de signature, d’enregistrement et d’inscription correspondent aux opérations effectivement réalisées.
Le parquet demande également aux enquêteurs de rechercher les actes ayant servi de fondement à cette mutation, les justificatifs du paiement du prix éventuel et les pièces relatives au règlement des droits et taxes.
Une réoccupation des lieux dénoncée
Un autre volet de l’affaire concerne la réoccupation de l’immeuble après sa remise en possession aux adjudicataires.
Selon les plaignants, un huissier de justice, Maître Aboubakar Camara, a procédé le 6 octobre 2026 à l’expulsion des occupants et à leur remise en possession des lieux.
Ils affirment que, dès le lendemain, le 7 octobre, des individus auraient évincé les agents de gardiennage, brisé les scellés et réoccupé l’immeuble par la violence.
Les plaignants soutiennent également que les personnes mises en cause auraient continué à percevoir les revenus locatifs du bien malgré la procédure d’adjudication.
L’enquête devra notamment identifier les personnes impliquées dans cette réoccupation, préciser leur rôle et déterminer les circonstances dans lesquelles les faits se sont produits.
Des investigations financières annoncées
Au-delà des aspects fonciers, Alphonse Charles Wright demande des vérifications financières approfondies afin de retracer l’origine du patrimoine immobilier, d’établir la réalité économique de la mutation contestée et d’identifier les personnes qui contrôlent effectivement l’immeuble.
Les enquêteurs devront notamment examiner les éventuels mouvements de fonds, les comptes bancaires susceptibles d’avoir été utilisés dans l’opération ainsi que les modalités de gestion des bâtiments, de conclusion des contrats de location et de perception des loyers.
Ils devront également rechercher d’éventuels avantages financiers ou patrimoniaux liés à l’intervention d’agents publics, sans préjuger de la responsabilité pénale des personnes citées.